Petite mise au point… Moyennant finances*


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Petite mise au point… Moyennant finances*
Par La rédaction
Publié le
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Geldsammlung
Beaucoup de paroissiens, nous semble-t-il, ignorent les sources de financement de nos paroisses, ou les mélangent. Voici donc, présentée par l'Abbé Benoît Lobet, curé-doyen d’Enghien-Silly, une petite mise au point informative.

Dans notre région, le doyenné vit de trois sources diverses de financement: les fabriques d’église; les Asbl paroissiales; le compte du doyenné. Je vous parlerai, aujourd'hui, des fabriques d’église et, dans les deux prochains cahiers locaux "Les Notes du Carillon" (mars et avril 2014) encarté dans le journal Dimanche, des ASBL paroissiales et du compte du doyenné.

Les "fabriques d’église" sont des institutions publiques créées par Napoléon Bonaparte, alors Premier Consul, et le pape Pie VII, en 1801, pour gérer les églises que la Révolution française avait dépouillées, à partir du principe d’une certaine "restitution". Les fabriques peuvent avoir des biens propres, mais ont aussi le droit le faire appel au financement public (les communes) pour l’entretien, la maintenance et les réparations des bâtiments du culte (églises, presbytères), la rémunération du personnel d’église (sacristains, organistes, personnel d’entretien) et le bon fonctionnement du culte. Les budgets et les comptes, après avis de la commune, doivent être approuvés par les instances de tutelle que sont l’Evêché et la Province. Le curé (doyen) et le bourgmestre en sont membres de droit. Au fil du temps, ce principe des "fabriques d’église", intégré dans la Constitution belge de 1831, s’est étendu à d’autres cultes que le culte catholique. En France, il a été aboli en 1905 par les lois "Combes", sauf en Alsace et en Lorraine, restées concordataires lorsqu’elles ont réintégré la République Française après 1918. Chez nous, il est probable que la loi régionale régissant aujourd’hui ces institutions publiques va bientôt connaître des modifications substantielles – des propositions sont en cours d’examen.

Ajoutons que les "ministres du culte" (prêtres catholiques et assistants paroissiaux, pour ce qui nous concerne, ministres d’autres cultes et permanents de la "laïcité" organisée) sont, chez nous toujours, et en fonction du même régime concordataire, rémunérés comme des fonctionnaires par le Ministère (aujourd’hui fédéral) de la Justice et que leurs salaires sont consultables sur les sites adéquats dudit Ministère. La loi exige également que la Commune pourvoie au logement du Curé de la paroisse, soit en mettant un bâtiment à sa disposition, soit en lui accordant une indemnité de logement.

On voit donc qu’en Belgique, l’Etat participe au financement des cultes, aux niveaux de pouvoir fédéral, régional, provincial et communal. C’est une manière de gérer les rapports "Eglise(s)-Etat" dont l’un des avantages consiste à pouvoir contrôler ce que l’on subsidie. C’est également une façon, pour l’Etat, de financer la conservation d’un patrimoine exceptionnel qui fait la richesse culturelle de nos Régions: il y a bien plus d’œuvres d’art dans les églises que dans tous les Musées du Royaume réunis! D’autres pays de l’Union Européenne connaissent d’autres modes de financement des cultes, qui présentent chacun des avantages et des inconvénients. Dans notre doyenné, je dois, pour terminer, dire combien j’apprécie le travail, souvent effectué dans l’ombre, des Fabriciens (bénévoles) qui gèrent le patrimoine local et combien j’estime l’entente généralement excellente que nous entretenons en ces matières avec les deux administrations communales d’Enghien et de Silly.

*Titre de la rédaction Mcbf.be
Abbé Benoît Lobet,
curé-doyen d’Enghien-Silly
Catégorie : Belgique

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