La prison de Marche a accueilli ses premiers détenus. Cela va contribuer à désengorger d'autres établissement pénitentiaires saturés, mais ne résoudra pas le problème de la surpopulation carcérale.
Les premiers détenus de la prison de Marche-en-Famenne sont arrivés. Et c'est évidemment avec eux que l'on verra si tout fonctionne bien dans cet établissement qui va accueillir au cours des prochains mois plus de 300 personnes, dont 12 femmes.
Lors de l'inauguration de cette prison "high-tech", il y a trois semaines, la CSC Services publics s'était montrée très pessimiste quant au caractère opérationnel de l'établissement, dénonçant à l'époque un certain nombre de dysfonctionnements dans le système de sécurité, le centre de commandement, les détecteurs périmétriques, mais également le manque de personnel ou bien encore le manque de formation des agents à l'outil informatique. Considérant que l'ouverture de cette prison intervenait trop tôt, le syndicat chrétien avait d'ailleurs déposé d'emblée un préavis de grève. Depuis, un certain nombre de points ont pu être réglés mais le préavis de grève n'est pas encore levé.
Mais au-delà de ces questions techniques, d'autres critiques se font aussi entendre quant à la politique judiciaire et d'incarcération. A peine ouverte, on sait déjà que cette nouvelle prison, ainsi que celles qui suivront ne permettront de résoudre le problème de la surpopulation carcérale. Il manquera en effet encore 800 places!
Dans le journal "Le Soir", Michel Jacobs, secrétaire fédéral CGSP-AMiO, estime que pour cela, il faut passer par une réforme profonde du système judiciaire.
Faire de la place
Pointant la fin des grâces royales, jugeant le bracelet électronique inefficace, Michel Jacobs explique que les prisons vont devoir accueillir un certain nombre de personnes dont l’incarcération n’était, à la base, pas prévue. Il remet donc sur la table un idée déjà formulée en 2003: un cadastre de la population carcérale. Dans ce cas, on applique la "loi du quota". Si un juge ou le ministère public décide de l’incarcération d’un individu mais que la capacité maximale de chaque prison (le quota) est atteinte, il a deux solutions: retarder cette incarcération ou permettre à un détenu (sachant que certains profils criminels ne bénéficieraient pas de la mesure), dont la libération est imminente ou proche, de recouvrer sa liberté un peu plus tôt que prévu.
La CSC, première centrale syndicale du pays, ne se rallie pas à cette proposition. Pour elle, la priorité, c’est de traiter le taux de récidive. Quant à l’Association Syndicale des Magistrats, moins réfractaire à cette idée, elle craint cependant que cela conduise à gérer la population en fonction du nombre de places et non plus en fonction de la nécessité de protéger la société.
P.G. (avec Le Soir)
