Avec François, tout le monde a perçu, et ce, dès les premiers mots du nouveau pape, un changement de ton au Vatican. En serait-il désormais de même en Belgique avec Mgr Léonard? Beaucoup le pense suite à son interview sur une chaîne de la télévision flamande.
Mardi dernier, Mgr Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles et président de la Conférence épiscopale de Belgique, était l'invité de l’émission Terzake, sur la chaîne flamande Canvas. Au cours de cet entretien, l’archevêque a surpris par la mesure de ses propos. Pas de déclarations "chocs" mais au contraire des réponses dans la lignée du nouveau langage amené par le pape François, que Mgr Léonard qualifie au passage de "right man at the right place"*.
Sur la question du célibat des prêtres par exemple, le primat de Belgique a affirmé avoir toujours dit qu'il était "négociable", faisant ainsi écho à une interview donnée il y a quelques semaines par Mgr Parolin, dans laquelle celui qui est devenu récemment Secrétaire d'Etat du Saint-Siège avait rappelé que le célibat des prêtres n’étant pas un dogme mais une tradition ecclésiastique, celui-ci pouvait être discuté.
Autre sujet sur lequel Mgr Léonard s'est montré plus rassurant aux yeux de l'opinion publique: les offices religieux dans les crématoriums. Le primat de Belgique a répondu ceci: "Un enterrement trouve sa place en premier lieu dans une église. Mais nous devons être et nous serons présents là où les gens sont, avec leur tristesse, dans les églises mais aussi dans les crématoriums."
Spéculations...
Interrogé par le Journal "Le Soir", Baudouin Decharneux, directeur du Centre interdisciplinaire d’étude des religions et de la laïcité, à l’ULB, confirme ce changement de ton chez l'archevêque de Malines-Bruxelles et y voit effectivement l'influence du pape François. "Mgr Léonard est avant tout un homme d’Eglise, qui est toujours apparu très discipliné", explique-t-il. Mais cet anthropologue refuse de voir dans ces propos plus "retenus" du primat de Belgique, un changement d'attitude dans l'espoir d'être nommé cardinal lors du prochain consistoire, en février 2014. "Ce serait lui faire un procès d’intention", estime le professeur de l’ULB. Malheureusement, on ne pourra empêcher les spéculations intellectuelles d'aller bon train.
En revanche, il est plus raisonnable de penser que pour nommer les 14 prochains cardinaux-électeurs, le pape François s'attachera à d'autres considérations que celles relevant de la "communication". Venu du bout du monde, il pourrait être tenté par un rééquilibrage au bénéfice de continents où la religion catholique progresse et donc au détriment de l'Europe, qui fournit actuellement la moitié des cardinaux-électeurs.
P.G. (avec Le Soir)
*la bonne personne au bon endroit
