Selon une étude réalisée pour l'Association française des managers de la diversité (AFMD), afficher des signes religieux visibles ou parler ouvertement de sa religion peuvent constituer de véritables obstacles à une intégration et une progression au sein d'une entreprise.
65% des managers interrogés dans le cadre de cette enquête estiment qu'une personne affichant son appartenance religieuse peut être recrutée dans leur entreprise, alors qu'ils sont 99% à le penser pour une personne noire, 98% pour une mère d'enfants en bas âge, 92% pour une personne de plus de 50 ans et 88% pour une personne handicapée ou durablement malade. Ils ne sont que 52% à répondre qu'un salarié portant des signes religieux peut occuper un poste en contact direct avec la clientèle, et 59% pour un poste à responsabilité.
En d'autres termes, les personnes affichant leur appartenance religieuse auront beaucoup plus de difficultés à intégrer une entreprise ou à y progresser, que celles qui n'ont pas ou peu de diplômes, ou celles qui souffrent d’un handicap ou d'une santé fragile. Les discriminations à l'égard de croyants affichés seraient même plus fortes que celles visant le sexe, la couleur de peau ou l'orientation sexuelle.
Des différences selon les entreprises
Il existe toutefois une vraie différence de traitements selon la taille de l'entreprise. Seuls 61% des managers d'une entreprise de moins de 50 salariés estiment pouvoir recruter une personne qui affiche son appartenance religieuse, là où ils sont 76% à le penser dans une entreprise de 100 à 250 salariés. En revanche, c'est dans ces dernières entreprises que les managers sont les plus rétifs à l'idée qu'une personne ouvertement croyante soit au contact de la clientèle (48%).
Cette étude a été menée en France, mais il est fort probable que, si elle avait été réalisée en Belgique, les résultats auraient été plus ou moins similaires.
(D'après La Vie)
