Le pape François publie son Encyclique Lumen Fidei, plaidoyer moderne pour la foi !


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Le pape François publie son Encyclique Lumen Fidei, plaidoyer moderne pour la foi !
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
6 min

La première encyclique du pape François, rendue publique ce vendredi 5 juillet, est d’abord un plaidoyer sur la foi d’une réelle modernité. Intitulé Lumen Fidei (La Lumière de la foi) Le texte se veut aussi didactique, en ce sens qu’il remet en perspective la foi dans ses origines et dans son avenir. Et décrit ce que cette foi apporte à l’homme et au monde.

D’emblée, le pape précise que ces considérations sur la foi entendent s’ajouter à tout ce que Benoît XVI a écrit dans les encycliques sur la charité et sur l’espérance. « Il avait déjà pratiquement achevé une première rédaction d’une Lettre encyclique sur la foi. Je lui en suis profondément reconnaissant et, dans la fraternité du Christ, j’assume son précieux travail, ajoutant au texte quelques contributions ultérieures », écrit François.

Dans ce document de 83 pages, le pape François commence sa réflexion en soulignant que « la lumière de la foi est le « grand don apporté par Jésus, qui dans l’Evangile de Jean se présente ainsi : « Moi, lumière, je suis venu dans le monde, pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres » (Jn 12, 46). « Celui qui croit, voit ; il voit avec une lumière qui illumine tout le parcours de la route, parce qu’elle nous vient du Christ ressuscité, étoile du matin qui ne se couche pas », poursuit le souverain pontife.

La foi comme lumière

S’interrogeant pour savoir si cette lumière est illusoire, le souverain pontife estime qu’en parlant de cette lumière de la foi, nous pouvons entendre l’objection de tant de nos contemporains. « À l’époque moderne on a pensé qu’une telle lumière était suffisante pour les sociétés anciennes, mais qu’elle ne servirait pas pour les temps nouveaux, pour l’homme devenu adulte, fier de sa raison, désireux d’explorer l’avenir de façon nouvelle. En ce sens, la foi apparaissait comme une lumière illusoire qui empêchait l’homme de cultiver l’audace du savoir ».

Faisant référence à Nietzsche qui reprocha au christianisme d’avoir amoindri la portée de l’existence humaine, en enlevant à la vie la nouveauté et l’aventure, Francois juge que la foi a fini par être associée à l’obscurité. « La foi a été comprise comme un saut dans le vide que nous accomplissons par manque de lumière, poussés par un sentiment aveugle ; ou comme une lumière subjective, capable peut-être de réchauffer le cœur, d’apporter une consolation privée, mais qui ne peut se proposer aux autres comme lumière objective et commune pour éclairer le chemin ».

« Cependant, on a vu que la lumière de la raison autonome ne réussissait pas à éclairer assez l’avenir; elle reste en fin de compte dans son obscurité et laisse l’homme dans la peur de l’inconnu ». Le souverain pontife appelle donc à redécouvrir cette lumière : « il est urgent de récupérer le caractère particulier de lumière de la foi parce que, lorsque sa flamme s’éteint, toutes les autres lumières finissent par perdre leur vigueur. La lumière de la foi possède, en effet, un caractère singulier, étant capable d’éclairer toute l’existence de l’homme. Pour qu’une lumière soit aussi puissante, elle ne peut provenir de nous-mêmes, elle doit venir d’une source plus originaire, elle doit venir, en définitive, de Dieu. La foi naît de la rencontre avec le Dieu vivant, qui nous appelle et nous révèle son Amour (…) ».

Un texte qui se rapporte à notre société

Divisée en quatre chapitres, cette Encyclique revenir d’abord aux origines de la foi, reçue par Abraham, qui, en sa qualité de « père dans la foi, occupe une place particulière. Cette foi, transmise au cours des siècles, ouvre pour le pape le chemin et accompagne nos pas dans l’histoire.

Le texte est aussi d’une modernité incroyable. « La foi consiste dans la disponibilité à se laisser transformer toujours de nouveau par l’appel de Dieu. Voilà le paradoxe : en se tournant continuellement vers le Seigneur, l’homme trouve une route stable qui le libère du mouvement de dispersion auquel les idoles le soumettent ».

Sur un plan plus théologique, le texte rappelle qu’il est impossible de croire seul. Et il précise que si l’on ne croit pas, on ne comprend pas. Cette foi doit être transmise, ce qui se fait « par contact, de personne à personne, comme une flamme s’allume à une autre flamme. Les chrétiens, dans leur pauvreté, sèment une graine si féconde qu’elle devient un grand arbre et est capable de remplir le monde de fruits ».

 

Pour le pape, l’acte de croire s’exprime comme une réponse « à une invitation, à une parole qui doit être écoutée. Il ne procède pas de moi, mais il s’inscrit dans un dialogue, il ne peut être une pure confession qui proviendrait d’un individu. Il est possible de répondre à la première personne, « je crois », seulement dans la mesure où l’on appartient à une large communion, seulement parce que l’on dit aussi « nous croyons ». Il ajoute que les sacrements permettent cette transmission de la foi.

De même, le pape aborde, sans les nommer de façon claire, les grands problèmes de notre société rappelant que le mariage est un don sacré dans lequel l’homme et la femme, sur la base de la foi, profondément liée à l’amour, ont pour mission de poursuivre la transmission de la foi. Il insiste sur la famille, berceau de la société et premier lieu de transmission, et sur le respect de l’être, à chaque étape de la vie, de la conception à la mort. Le pape aborde aussi la souffrance.

Il poursuit en rappelant qu’au centre de la foi biblique, se trouve l’amour de Dieu, qui atteint son sommet dans l’Incarnation, la mort et la Résurrection de Jésus Christ. « Quand cette réalité est assombrie, il vient à manquer le critère pour discerner ce qui rend la vie de l’homme précieuse et unique. L’homme perd sa place dans l’univers et s’égare dans la nature en renonçant à sa responsabilité morale, ou bien il prétend être arbitre absolu en s’attribuant un pouvoir de manipulation sans limites ».

Le pape souligne que la foi, en nous révélant l’amour du Dieu Créateur nous fait respecter davantage la nature, mais aussi le monde et nous pousse à aller vers l’autre. En ce faisant, nous participons à la création d’un monde meilleur basé sur la fraternité et sur le fait que l’autre est le reflet du visage du Christ.

Enfin l’encyclique se termine par une ode à la Vierge Marie, en qui la lumière s’est incarnée. Le pape rappelle, citant saint Jean, que Marie accompagnera Jésus jusqu’à la croix et que de là sa maternité s’étendra à tout disciple de son Fils.

Le pape François achève par ces terems : « Tournons-nous vers Marie, Mère de l’Église et Mère de notre foi, en priant ». S’en suit une prière qui précède la signature papale.

Un texte à lire, qui a le mérite d’être très moderne et très accessible.

J.J.D.

Lire le texte intégral de l'Encyclique Lumen Fidei


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