Ardennais, fils d'agriculteurs, prêtre depuis 33 ans, aumônier de prison, Fernand Stréber, 58 ans, est un homme qui aime relever des défis. Le dernier n'est pas le moindre: depuis ses 50 ans, le curé de Serinchamps franchit la ligne d'arrivée des plus grands marathons du monde. Mais qu'est-ce qui fait courir Fernand?
Le marathon est une course à pied sur route d’une distance de 42,195 km; c'est la deuxième plus longue épreuve de fond des Jeux olympiques en athlétisme. Des marathons se déroulent entre autres à Rome, Paris, Milan, Rotterdam, Prague ou encore New York, qui est un des plus prestigieux. Le croirez-vous ou non, Fernand Stréber, prêtre quinquagénaire de la région de Rochefort, a couru tous ceux-là. Des exploits qui font hausser le taux d'adrénaline de ce sportif de haut niveau, mais certainement pas sa modestie. Rencontre avec un curé bien dans sa peau et un marathonien au cœur gros comme ça!
Quel est votre parcours de prêtre sportif?
Je suis bien un prêtre sportif et non pas un sportif qui a une vocation. Enfant, je devais aider mes parents dans la ferme familiale et le sport m'était totalement étranger. J'ai commencé à courir à 20 ans, à l'armée, pour contrer l'oisiveté. Dans les années 70, au séminaire de Namur, je trouvais que les études ne me fatiguaient pas suffisamment. De plus, j'avais le sommeil léger et les trains de nuit, passant à proximité du séminaire, m'empêchaient de dormir. Je me suis mis à courir pour me fatiguer le jour et pouvoir dormir la nuit. Vers 45 ans, je me suis inscrit aux 20 km de Bruxelles. Depuis lors, je fais cette course chaque année. Et vers 50 ans, je me suis affilié à un club pour ne plus courir seul, et j'ai attrapé le virus. Entretemps, je suis "entré en prison" et il m'a semblé essentiel de pouvoir me vider la tête de toute la souffrance dont les détenus me parlent en cellule. Le fait de fouler le sol, d'avoir une "prise de terre" me décharge de cette électricité accumulée en prison. Cette méthode fonctionne puisque cela fait treize ans que je suis aumônier et que cela me passionne toujours autant…
Propos recueillis par Sylviane BIGARÉ
Photo: F. Stréber au semi-marathon de Bruxelles en 2012.
Lire l'intégralité de l'interview du prêtre-marathonien dans le journal Dimanche du 22/5.
