Se présentant comme une forteresse de prière au milieu de la ville, le Carmel de la rue de Lausanne est une halte ressourçante au croisement des rues Saint-Bernard, de Bordeaux et de la Source. La présence des sœurs implantées depuis 1611 à Bruxelles est comme un signet posé sur l'histoire de notre pays, au cœur de la capitale de l'Europe.
Le couvent des Carmélites est fondé par Anne de Jésus à la demande des Archiducs Albert et Isabelle, au tout début du 17è siècle. Nous sommes en plein âge d'or du mouvement carmélitain, né de la réforme de sainte Thérèse d'Avila. Les années passent, les monastères aussi, jusqu'au quatrième, le couvent actuel construit en 1891, rue de la Source. Mais les tribulations ne s'arrêtent pas là. En 1965 l'archidiocèse demande aux sœurs de céder la chapelle à la nouvelle paroisse Saint-Bernard. Un an plus tard, le cardinal Suenens pose la première pierre de la chapelle rue de Lausanne, l'agrandissement du couvent date de cette époque.
Ce qui frappe en entrant, c'est la taille humaine du monastère, contrairement à de nombreux couvents devenus trop grands, la communauté des 14 sœurs peut vivre sa vocation de prière et de charité fraternelle dans un milieu porteur. "Nous sommes 14 sœurs, mais 11 d'entre nous sont de nationalités différentes", explique Sr Christiane, ancienne prieure du Carmel de Luxembourg qui a rejoint la communauté depuis l'été 2012. "Quatre sœurs seulement ont vécu toute leur vie religieuse dans ce Carmel, les autres viennent d'ailleurs. Cette diversité représente donc un défi dans les grandes comme dans les petites décisions, elle est aussi représentative de Bruxelles où vit une société multiculturelle, nous vivons cela en petit au jour le jour."
C'est la fermeture de 4 Carmels sur 11 en peu de temps (Mons, Luxembourg, Mehagne…) qui a amené celui-ci à accueillir des consœurs. L'inquiétude n'est pourtant pas de mise dans ce havre de paix et de sérénité. "Dieu a un projet pour ce Carmel de Bruxelles, sourit la prieure", et sa consœur explique que cela fait partie de l'évolution de la fédération des Carmels de Belgique. Il y a quelques années déjà le Père Général, le cardinal Danneels et Mgr De Kesel lorsqu'il était évêque auxiliaire à Bruxelles, avaient fortement exprimé leur désir de maintenir cette présence contemplative au cœur de l'Europe.
Fidèles à l'idéal de Sainte Thérèse, les sœurs vivent comme dans une famille où l'on s'aime. Le temps s'y égrène parfaitement équilibré entre travail, et prière, dans un silence respectueux et recueilli, mais pas absolu. Sept temps de prière rythment ainsi les journées de la communauté. Quant au travail ordinaire, il consiste dans l'entretien de la maison et du jardin, la roberie, le soin aux sœurs âgées, et … la fabrication des hosties, une spécialité de la maison !
Photo : Sr Françoise Thérèse, prieure, dans le petit atelier de fabrication des hosties
Bernadette Lennerts
