Adopté au Sénat, le "mariage pour tous" sera de nouveau examiné le 17 avril à l’Assemblée nationale en vue d’être adopté définitivement. Pour autant, les opposants au texte restent mobilisés et devraient se retrouver pour un nouveau grand rassemblement début mai.
Les Français sont-ils vraiment favorables au "mariage pour tous" ? Si l'on en croit le sondage BVA pour Le Parisien magazine (publié le 12 avril), la réponse est non. Dans cette enquête, 55 % des sondés se sont déclarés opposés à l’instauration du mariage et de l’adoption pour les couples homosexuels. Et cela s'est traduit une nouvelle fois sur le terrain avec de nombreux rassemblements d'opposants qui ont eu lieu un peu partout en France durant le weekend: notamment à Paris (devant le Sénat), à Bordeaux, à Toulouse, et surtout à Lyon, avec des milliers de personne sur la place Bellecour.
Des manifestations très rapidement mises sur pied face à l'accélération du calendrier parlementaire. Adopté vendredi au Sénat, le projet de loi sera examiné non plus fin mai comme prévu initialement mais dès le 23 avril à l’Assemblée nationale. En outre, les socialistes envisagent de recourir au "temps programmé", avec un temps de débat limité à 25 heures, afin d’éviter, en deuxième lecture, une prolongation de la discussion par la multiplication d'amendements.
Tensions et radicalisation
Certains rassemblements ont dréfrayé la chronique par la violence employée et les affrontements avec les forces de l'ordre. A Nantes, des centaines de militants ont perturbé les journées organisées par Le Nouvel Observateur et traqué toute la journée la journaliste Caroline Fourest, bloquant même le TGV qui la reconduisait à Paris. Par ailleurs, une soixantaine de personnes qui s'étaient réunies dimanche soir devant la salle Pleyel où le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, assistait à un concert, ont été arrêtées alors qu'elles étaient en train d'installer des tentes, et placées en garde à vue.
La porte-parole du collectif "La Manif' pour tous", Frigide Barjot, a cependant estimé que la "violence vient du gouvernement", expliquant que la colère et l'exaspération des manifestants avaient été déclenchées par "l'autisme" du gouvernement depuis le début de la contestation. La pression est donc maintenue et de nouvelles actions sont prévues pour dimanche 21 avril mais aussi le 25 avril et le 5 mai.
Quant à la date du 26 mai, jour de la Fête des mères, elle deviendra un rassemblement plus large, pour la famille, en réplique notamment à la volonté du gouvernement de remettre en cause le quotient familial et les allocations.
Pierre GRANIER
