Le diocèse de Namur compte de nombreuses figures qui se sont illustrées durant la deuxième guerre mondiale. Parmi elles, l’abbé Joseph André qui sera déclaré "Juste parmi les nations" en 1967. S’il est un peu moins connu, l’abbé Arthur Georges est aussi de ceux dont le courage reste marqué dans les esprits. Extraits de son parcours héroïque.
Lorsqu'arrive la Deuxième Guerre mondiale, le jeune vicaire de la cathédrale de Namur, alors âgé de trente ans, s'engage dans la Résistance. Distribuant tracts et journaux clandestins, il rejoint le réseau Comète, un réseau de résistance. Cette organisation est chargée de recueillir des aviateurs alliés, des soldats évadés des camps allemands et de leur faire suivre une filière secrète. Aidé de son ami, le chanoine Pierard, il cache quelques armes dans la sacristie de la cathédrale et va héberger chez lui, début novembre 1942, deux soldats russes parachutés sur l’Allemagne. Mais à la mi-novembre, Arthur Georges est piégé et arrêté par la police allemande, de même qu'une soixantaine d'autres résistants namurois du réseau. Le tribunal allemand le condamnera, le 17 avril 1943, à ''seulement'' huit années d'emprisonnement.
Un esprit merveilleux
Après un passage à la prison de Saint-Gilles, puis à Louvain, il est transféré le 15 novembre, vers les prisons allemandes d’Aix-la-Chapelle, Cologne, Reinbach et enfin Siegburg, où il est astreint à des travaux éprouvants. Tous ceux qui le fréquentent lui trouvent ''un esprit merveilleux'': il répand autour de lui la bonté et la consolation; il n'hésite pas à prélever sur son rationnement pour aider et pratiquer la charité. Dans ses lettres, il souligne souvent: ''Nous sommes de petits enfants dans les mains du Bon Dieu, laissons-nous conduire!'' Une fois, il ira jusqu’à remercier Dieu pour ''le temps d’effacement et d’isolement'' qu’il est en train de vivre et qu’il compare à une ''retraite'' d’une dimension merveilleuse, ''une expérience splendide''. Dans son testament, il dira aussi: ''Je veux que ma vie soit offerte pour les âmes que j'avais mission, en tant que prêtre, de conduire au Christ.'' Et d’ajouter: ''La vie m'a paru une chose belle et joyeuse.''
Après une double pneumonie, il s'éteint le 19 mai 1944. Au début de l'année 1946, son corps est ramené en Belgique, à la clinique Sainte-Elisabeth de Namur, où une chapelle ardente est installée. Considéré comme un héros, l’abbé Arthur Georges est inhumé dans le cimetière de Lomprez, près de Wellin, dans le caveau de famille.
Diocèse Nr/SB
