Bangladesh : L’espoir d’un état laïc de plus en plus compromis


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Bangladesh : L’espoir d’un état laïc de plus en plus compromis
Par Jean-Jacques Durré
Publié le
2 min

Plusieurs milliers de militants du "Bangladesh Jamaat-e-Islami", le plus important mouvement islamiste du pays, ont affronté violemment la police lors d’une manifestation, le 19 septembre dernier, à Dhaka. Cette montée de l’islamisme pourrait sérieusement compromettre la restauration de la laïcité du pays.

Selon Eglises d’Asie (EDA) et l’agence des missions étrangères de Paris (MEP), pendant les affrontements plus de 150 personnes ont été blessées, dont l’archevêque de Dhaka, Mgr Paulinus Costa. Au moins 230 voitures, dont plusieurs cars de police, ont été incendiés, et de très nombreux commerces furent vandalisés.

Les manifestants entendaient protester contre l’arrestation des 5 principaux leaders du « Jamaat-e-Islami », pourtant accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, pendant la Guerre d’indépendance du Bangladesh (1971).

Les médias locaux ont rapporté que des incidents similaires se sont produits dans plusieurs villes du pays, notamment dans le port de Chittagong.

L’influence grandissante du parti islamiste s’accompagne de mouvements inquiétants : Imposer la charia dans tout le pays, voter une loi anti-blasphème sur le modèle pakistanais, ou encore permettre aux tribunaux islamiques de village de continuer à appliquer les fatwas et les condamnations à mort, pourtant interdites par le gouvernement.

Cet extrémisme croissant effraye les minorités religieuses qui voient s’évanouir l’espoir de restauration de la laïcité de l’Etat promise par Sheikh Hasina (actuel premier ministre). En juin dernier déjà, les communautés chrétiennes, hindoues et bouddhistes n’avaient pas caché leur angoisse lorsque le nouveau gouvernement avait officiellement maintenu l’islam comme religion d’Etat.

 

Apic/A.L

 

 

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