Le quotidien polonais "Rzeczpospolita" rapporte que les services secrets allemands avaient imputé l’attentat au KGB un mois et demi seulement après les faits. Depuis 2006, l’Institut de la mémoire nationale de Varsovie cherche à élucider la question. Mais le cardinal de Cracovie doute qu’on fasse un jour la lumière sur cette affaire.
L’ancien secrétaire du pape et actuel cardinal de Cracovie, Stanislaw Dziwisz, doute qu’on fasse un jour la lumière sur l’attentat contre Jean-Paul II. "Le procès italien du tueur Ali Agça n’a pas permis de découvrir la vérité sur les commanditaires", a affirmé le cardinal polonais à l’agence d’information catholique polonaise KAI. Ce dernier soupçonne cependant le régime soviétique de l’époque: "Une chose semble sûre, Moscou voulait très certainement éloigner le pape". Une opinion sans doute étayée par le rapport des services secrets allemands (BND) qui avaient en effet imputé l’attentat au KGB un mois et demie seulement après les faits. Cette info a été rapportée par le quotidien polonais "Rzeczpospolita" du 13 mai (jour anniversaire de l'attentat qui eut lieu en 1981), après avoir été dévoilée par l’Institut de la mémoire nationale (IPN) de Varsovie.
L’organisation, chargée d’enquêter et d’étudier les crimes commis contre la nation polonaise sous l’occupation allemande et sous le régime communiste, essaie de découvrir, depuis 2006, le commanditaire de l’attentat. D’après le quotidien, l’IPN ignore quand il rendra son rapport final. L’enquête s’intéresse de près aux services secrets d’Europe de l’Est. En 2009, l’IPN a reçu 4.000 pages de documents sur la question, transmis par la justice italienne.
L’ancien dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev a toujours nié quelque implication de l’URSS dans l’attentat. Le pape Jean-Paul II, d’origine polonaise, était pourtant très critique face aux régimes communistes d’Europe de l’Est. Il a survécu à l’attentat du 13 mai 1981 malgré de graves blessures et a ensuite accordé son pardon à l'auteur, Ali Agça, qui a été gracié en 2000, après 19 années de prison passées en Italie. Le tueur professionnel a ensuite purgé une peine en Turquie jusqu’en 2010 pour le meurtre d’un journaliste, perpétré en 1979.
Apic/P.G.

