C'est une petite révolution, discrète mais réelle pour les femmes en Arabie Saoudite : elles peuvent désormais voyager seules, sans leur tuteur, le « mahram ». Mais bien d’autres droits restent à conquérir pour elles.
Jusqu’à présent, les femmes n'avaient pas le droit de quitter le royaume wahhabite sans une autorisation de leur tuteur, fils, père ou encore frère. À l’aéroport, elles devaient présenter une feuille jaune signée par ce dernier, un document qui donnait l’autorisation de voyager. Tout ça est donc désormais fini. La loi a été promulguée récemment, dans la plus grande discrétion, et s’inscrit dans une suite de réformes, après les lois qui autorisent les femmes à voter et à être éligibles aux prochaines élections municipales, le 12 décembre prochain.
Pour Clarence Rodriguez, journaliste en Arabie Saoudite et auteur du livre «Révolution sous le voile», c’est un pas de géant pour les femmes de ce royaume. « Cette loi est aussi l’ouverture vers autre chose, c’est une façon d’amener la société, conservatrice, vers d’autres réformes comme le droit de conduire. Les femmes peuvent voyager seules, pourquoi ne pourraient-elles pas conduire ? » s’interroge logiquement la journaliste. Mais cette dernière met aussi un bémol. « Toutes les familles n’autoriseront pas forcément les femmes à voyager seules… Les familles les plus ultra-conservatrices ne le feront pas, loi ou pas loi. Le poids des traditions est très fort en Arabie Saoudite. La loi chariatique l’emportera. »
Mais avant de pouvoir conduire, d’autres droits restent à conquérir pour les femmes de ce pays, notamment se débarrasser du tutorat. Les femmes sont en effet considérées juridiquement comme des mineures. Pourtant, depuis 3-4 ans, on remarque que de plus en plus de femmes travaillent. Mais qu’elles soient chefs d’entreprise, avocates… elles doivent continuer à rendre des comptes à leur tuteur.
P.G. (avec Radio Vatican)
