40% de la population du Soudan du sud pourrait être touchée par la famine à la fin de ce mois de juillet. Ce constat alarmant est issu du dernier rapport du Cadre intégré de classification (IPC) du Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine. L'information est relayée par l'ONG internationale Oxfam qui demande une mobilisation urgente et appelle à garantir une paix durable dans le pays.
"L’économie du Sud-Soudan est en chute libre et la population fait face à l'envolée des prix alimentaires et du coût de la vie. La seule façon de résoudre cette crise est de mettre fin à la guerre, de garantir une paix durable et de commencer à reconstruire l’économie", explique Zlatko Gegic, directeur pays d'Oxfam au Soudan du Sud. Présents dans le sud du Soudan depuis 1983, Oxfam mène depuis 2013 des missions d'urgence destinées aux personnes touchées par le conflit, en assurant un approvisionnement en eau potable, en fournissant des services d’assainissement et en menant des activités de renforcement de la sécurité alimentaire auprès de celles et ceux qui en ont besoin.
Au Soudan du sud, 4 millions de personnes souffrent de la faim
Au mois de juin, Oxfam évoquait le chiffre de 3,8 millions de personnes qui souffrent de la faim à des niveaux alarmants. "Un chiffre qui risque d'atteindre 4,6 millions d'ici à la fin du mois de juillet, pouvait-on alors lire dans le communiqué, soit 40 % de la population du Sud-Soudan". Il s'agit du plus grand nombre de personnes en situation d'urgence ou de grave insécurité alimentaire depuis le début du conflit en décembre 2013.
L'ONG concentre ses efforts sur la santé publique, les moyens de subsistance et les besoins d’urgence, un accent étant mis sur la promotion de l’égalité hommes-femmes et de la diversité. Oxfam apporte une aide humanitaire aux victimes des violences armées, de la sécheresse et des inondations, mais apportons également une aide au développement à long terme à certaines des communautés les plus vulnérables.
L’instruction scolaire des fillettes est particulièrement difficile au Soudan du Sud.
Parmi les causes principales de l’abandon scolaire, se trouvent les grossesses et les mariages précoces, la pauvreté et la discrimination entre hommes et femmes. Le conflit que connaît le pays depuis 2013 a par ailleurs empiré la situation. Des estimations officielles, il résulte que plus de 2 millions de personnes sont évacuées ou réfugiées dans les pays limitrophes alors même que 13.000 enfants ont été recrutés par les groupes armés et que 200.000 ne fréquentent pas l’école. Avant la crise, environ 57% des mineurs du pays n’étaient pas scolarisés.
Une nécessité humanitaire
Parmi les initiatives visant à faire face à ce phénomène dramatique se trouve le projet "Droit au choix" de l’organisation espagnole Plan International, qui s’occupe d’améliorer la vie et l’avenir de 20.000 enfants, principalement dans les Etats de Juba, Lainya et Yei en Equatoria centrale, l’un des dix gouvernorats du Soudan du Sud. Le projet, lancé en 2012 dans le but d’augmenter le nombre des enfants scolarisés et de réduire les cas de mariages forcés et de grossesses chez les adolescentes, veut aider les enfants à comprendre leurs droits et à travailler afin de les défendre outre à modifier le comportement social qui fait obstacle au progrès scolaire. En outre, les parents peuvent améliorer leurs connaissances et aider leurs enfants. "Droit au choix" aide également les fillettes qui ont été contraintes à se marier à retourner à l’école et à poursuivre leurs études. L’instruction durant les périodes d’urgence est une nécessité humanitaire fondamentale qui offre un soutien physique et émotionnel lorsqu’il est le plus nécessaire. Elle offre stabilité, protection et espoir dans l’avenir.
MVL, d'après Fides et Oxfam - Photo: Oxfam mène au Soudan du Sud un projet d'éducation réservé aux filles © Oxfam-Laura Pannack / Des enfants et des femmes font la queue devant un point de distribution d’eau, dans le camp de réfugiés de Jamam, en République du Sud Soudan © John Ferguson-Oxfam

