Une décision de Joëlle Milquet a été approuvée au gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles. La ministre de l'Education avait exigé qu'au moins un quart des moyens complémentaires des écoles à "encadrement différencié" soient alloués à l'emploi de professeurs supplémentaires, de logopèdes et de conseillers pédagogiques.
Lundi 6 juillet, Joëlle Milquet, la ministre de l'Education, a indiqué que le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles avait approuvé la semaine dernière la décision de booster l'emploi des écoles défavorisées, dites à "encadrement différencié". A l'origine, la ministre CDH avait dans l'idée d'exiger l'allocation de 35% des moyens complémentaires de ces écoles à l'emploi. Pour l'ensemble des écoles concernées de la Fédération, ces moyens complémentaires s'élèvent tout de même à 14 millions d'euros par an. Et selon le rapport de l'inspection de l'enseignement que Joëlle Milquet a présenté en juin au Parlement, ces moyens ne sont pas toujours utilisés à bon escient. Les rapporteurs ont en effet conclu que moins de 13% des moyens complémentaires étaient utilisés pour engager du personnel pédagogique dans l'enseignement secondaire. L'excédent de l'enveloppe servant à l'achat de matériel scolaire, à la rénovation des locaux ou encore au financement d'excursions scolaires. Le document concédait toutefois que la répartition des moyens complémentaires était mieux équilibrée dans le primaire.
"On a un énorme problème en français. On doit donc bouger et réorienter nos dépenses pour la réussite des enfants plutôt que dépenser cet argent pour aller à Walibi, acheter des machines à café dans la salle de profs, ou installer des nouveaux fauteuils dans les bureaux des directeurs...", a recommandé Joëlle Milquet.
Des 35% qu'elle exigeait au départ pour embaucher du personnel qualifié supplémentaire, la ministre de l'Education en obtiendra 25%, les directions d'école à encadrement différencié s'étant vivement opposées à la première proposition de répartition, jugeant qu'elle portait atteinte à leur autonomie. Ce n'est "qu’un début", a ajouté la ministre humaniste qui a affirmé qu'une vaste réforme de l'enseignement à encadrement différencié était en préparation et devrait être appliquée pour la rentrée de septembre 2016.
C'est en 2009 que la Communauté française avait introduit le régime d’encadrement différencié, dans un souci d’émancipation des jeunes défavorisés. Aujourd'hui, environ un élève sur quatre en bénéficie.
S.T. (d'après Belga)

