Une veillée de prière œcuménique pour les victimes de la guerre au Moyen-Orient a eu lieu vendredi 24 octobre 2014, à la collégiale Sainte-Croix à Liège. Un premier pas vers la vocation œcuménique de l’édifice souhaitée par l’évêque, Mgr Jean-Pierre Delville.
La collégiale Sainte-Croix est inscrite au patrimoine exceptionnel de Wallonie et reconnue "monument en danger" par le World Monuments fund de New-York. Dédiée à la Sainte Croix par l’évêque Notger vers 980; l’édifice manifeste donc la souffrance du Christ sur la croix et renvoie aux souffrances du monde actuel, en particulier les souffrances subies pour des raisons de violence aveugle. Pour cette veillée de prières, le lieu était donc symbolique. Des fidèles de toutes confessions chrétiennes se sont retrouvés dans l’église ouverte exceptionnellement, confirmant de facto la vocation œcuménique de Sainte-Croix, souhaitée l’évêque de Liège, Mgr Delville. "C’était particulièrement émouvant de prier pour les chrétiens et les autres victimes de la guerre au Moyen-Orient au pied de la grande croix du Christ, qui domine la nef de l’église", a souligné l’évêque.
Une première
Malgré son problème d’humidité, qui attaque le ciment et produit des dépôts de salpêtre sur les pierres du côté nord, l’église était féerique à la lumière des lumignons disposés dans la nef et sur l’autel. Ensuite, selon un projet de la Concertation œcuménique de Liège, cette église devrait, outre son utilisation culturelle, être dédiée à l’unité des chrétiens et avoir ainsi une vocation œcuménique, en étant ouverte aux initiatives des différentes Eglises chrétiennes. La veillée de prière de ce vendredi 24 octobre était la première entreprise de ce genre à se dérouler dans cette église.
Guidée par le père Guy Fontaine, prêtre orthodoxe russe du patriarcat œcuménique de Constantinople, la veillée a commencé par une introduction de musique syriaque. Le pasteur Vincent Tonnon, surintendant de l’Eglise protestante unie de Belgique pour la province de Liège, a prononcé la prière d’ouverture. La Communauté du Chemin Neuf, spécialisée en matière d’œcuménisme a chanté le psaume, avec la phrase célèbre: "Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent". Le prêtre anglican Paul Yiend, a entonné avec sa communauté le gospel, The Servant prayer, la prière du serviteur.
L’assemblée a écouté ensuite le témoignage du prêtre syrien catholique, Manhal Bolos, sur la situation actuelle de la Syrie, d’où il est à peine revenu: souffrances indicibles et espérance de paix, dans un pays autrefois connu pour sa qualité de connivence.
Nicole Ingenbleek, catholique, a lu un passage de la lettre de l’apôtre Paul aux Romains: "Frères, qui nous séparera de l’amour du Christ? La détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, les dangers ou la mort? Oui, j’en ai la certitude: ni la mort ni la vie, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus Christ, notre Seigneur".
La Communauté Sant’Egidio a alors entonné le chant "Nous portons ce trésor dans des vases d’argile" et son responsable, François Delooz, a replacé la veillée dans la ligne de la prière pour la paix lancée par le pape Jean-Paul II à Assise en 1986 et reprise chaque année par la Communauté Sant’Egidio. Après la prière faite par le pope orthodoxe grec, Nikolaos Palamianakis, le chœur syriaque a entonné l’Alléluia puis le co-évêque Daniel Zaino a chanté l’évangile des béatitudes (Matthieu 5,3-11) selon le rite syriaque, en langue araméenne, la langue même de Jésus. L’évangile a été repris ensuite en français par le diacre Luc Mahiels, selon la mélodie byzantine.
L’humanité, une famille nouvelle
L’évêque de Liège, Jean-Pierre Delville, promoteur de l’initiative de la veillée, a évoqué le Christ en croix, regroupant l’humanité en une famille nouvelle, comme il l’a fait en donnant pour fils à Marie, l’apôtre Jean, et en donnant à ce dernier Marie pour mère. On a pu entendre ensuite une courte interview du primat de l’Eglise orthodoxe syriaque, Ignace Ephrem II, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, réalisée en septembre, et dans laquelle le patriarche demande que la ville de Ninive et sa région puissent être confiées aux chrétiens syriaques sous la surveillance des Nations-Unies. Après le chant du Notre Père selon la mélodie russe de Rimsky Korsakov, la veillée s’est achevée.
L’organisation matérielle de cette soirée avait été préparée par le groupe de la pastorale urbaine sous la direction du chanoine Eric de Beukelaer.
La soirée fut intense et variée par cette veillée de prière centrée sur nos frères souffrants en Orient. Elle a inauguré d’une manière convaincante la vocation œcuménique de l’église Sainte-Croix.
