Le virus Ebola s’étend en Afrique, le reste du monde s’inquiète


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Le virus Ebola s’étend en Afrique, le reste du monde s’inquiète
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

EbolaAlors que l'épidémie d'Ebola se propage en Afrique de l'ouest, l'inquiétude commence à gagner le reste du monde. Médecins sans frontières (MSF) a averti mercredi 30 juillet que le virus était "hors de contrôle" et qu'il y avait un "réel risque de voir de nouveaux pays touchés".

Mortel dans 25 à 90% des cas, le virus Ebola se propage à grande vitesse en Afrique de l'Ouest. L'épidémie s'est déclarée au début de l'année en Guinée, puis a gagné le Liberia et la Sierra Leone voisins. Ces trois pays totalisent désormais au moins 1.201 cas, dont 672 mortels, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La semaine dernière, le Nigeria annonçait également le premier cas sur son sol, un Libérien ayant voyagé par avion de Monrovia à Lagos via Lomé et qui est mort le 25 juillet.

"Si la situation ne s'améliore pas assez rapidement, il y a un réel risque de voir de nouveaux pays touchés", a mis en garde l'association Médecins sans frontières, pour qui le virus est désormais "hors de contrôle". Les pays concernés tentent de faire face, en fermant les écoles ou en interdisant les matchs de football, mais ces mesures pourraient ne pas suffire. Les frontières parfois poreuses entre les Etats de cette région et les mouvements de population favorisent en effet l'expansion du virus.

Des mesures de précaution

Face à cette épidémie, de plus en plus de pays, y compris en Europe, commencent à prendre des mesures de précaution. A Londres, par exemple, le virus a fait l'objet d'une réunion interministérielle de crise mercredi 30 juillet. Et, à Hong-Kong, les autorités sanitaires ont annoncé qu'elles mettraient en quarantaine tout voyageur en provenance de Guinée, de Sierra Leone et du Liberia ayant des symptômes de fièvre.

Même si le risque d'une propagation du virus hors des frontières de l'Afrique est peu probable, on peut comprendre que l'inquiétude commence à gagner le reste du monde. Le virus Ebola, qui se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus de personnes ou d'animaux infectés, figure en effet parmi les plus contagieux et mortels chez l'homme. Il provoque des fièvres hémorragiques particulièrement impressionnantes, qui conduisent à la mort de l'individu contaminé dans 25 à 90% des cas. Il n'existe, à ce jour, ni traitement ni vaccin homologués.

Peu de risques en Europe

Le professeur belge Peter Piot, co-découvreur du virus Ebola en 1974, se veut toutefois rassurant. Pour lui, il est peu probable que l'épidémie se développe hors des frontières de l'Afrique. "Je ne serais pas inquiet d'être assis dans le métro à côté d'une personne porteuse du virus Ebola tant qu'elle ne vous vomit pas dessus ou quelque chose de ce genre", a-t-il affirmé. Il s'agit, en effet, "d'une infection qui nécessite un contact très proche".

Rappelant qu'il existe plusieurs vaccins et traitements expérimentaux contre Ebola qui ont donné des résultats prometteurs sur les animaux, le chercheur a appelé à les tester sur les humains dans les zones touchées. "Je pense que le moment est venu, au moins dans les capitales, d'offrir ce genre de traitements pour un usage compassionnel (réglementation permettant de rendre légal l'usage de médicaments non-autorisés, NDLR), mais aussi pour découvrir s'ils marchent afin d'être prêts pour la prochaine épidémie."

Des médecins héroïques

Il faut en tout cas saluer le courage des médecins qui luttent contre l'épidémie, parfois au risque de leur vie. Le 29 juillet dernier, Sheik Umar Khan, le seul spécialiste en fièvres hémorragiques de la Sierra Leone, est mort du virus, à l'âge de 39 ans. Un autre médecin, canadien, revenu récemment du Liberia, où il avait passé un mois à lutter contre l'épidémie, est actuellement en quarantaine à son domicile de Vancouver, mais il ne souffre d'aucun symptôme. Durant son séjour, ce docteur avait côtoyé deux humanitaires américains, qui se trouvent eux aussi en quarantaine, toujours au Liberia. L'un d'eux est "faible et vraiment malade", ont indiqué ses proches.

Pascal ANDRE

 


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