Irak : Le calvaire des chrétiens continue


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Irak : Le calvaire des chrétiens continue
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Mossoul 3Alors que les voix s'élèvent un peu partout dans le monde pour condamner les persécutions menées par les djihadistes de l'Etat islamique contre les minorités religieuses en Irak, les exactions se poursuivent sur le terrain.

Les nouvelles nous parviennent difficilement de Mossoul, où les djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) imposent leur vision de l'islam par la peur et la violence. Ces derniers ne se sont pas contentés de pousser à l'exil et de rançonner pratiquement tous les chrétiens de la ville, ils s'en prennent également aujourd'hui à leurs églises, évêchés et monastères. Le 20 juillet dernier, notamment, ils ont fait irruption dans l'un des lieux les plus anciens et révérés du christianisme en Irak, le monastère de Mar Behnam, près de Qaraqosh, obligeant les moines qui y résidaient à quitter les lieux. Le monastère de Mar Gorguis, à la périphérie de Mossoul, a également été saccagé par les hommes de l'EIIL, qui occupent par ailleurs les évêchés syrien-orthodoxe et chaldéen de la ville. "Nous craignons beaucoup pour le patrimoine artistique de Mossoul", a déclaré Mgr Georges Casmoussa, ancien archevêque syrien-catholique de la ville.

Une "purification religieuse"

Faraj-Benoît Camurat, président de "Fraternité en Irak", une association particulièrement active dans la plaine de Ninive, n'hésite pas, quant à lui, à parler de "purification religieuse". "La présence des minorités, en particulier des chrétiens, gêne l'EIIL dans la poursuite de son objectif", explique-t-il. Celui-ci étant d'instaurer une théocratie où tout le monde pratique le même islam, réputé pur et intégral.

"Face à ces monstres, la présence chrétienne est en danger", témoigne le père Gabril, qui a quitté Mossoul il y a un mois. "Nous réclamons une force militaire internationale pour protéger les chrétiens d'Irak. Sinon, nous allons continuer de souffrir et probablement disparaître." Le 22 juillet dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a dénoncé "un crime contre l'humanité pour lequel les responsables devront rendre des comptes", mais n'a pris aucune mesure concrète pour porte secours aux minorités religieuses du pays.

Une terrible hémorragie

A ce jour, il est difficile de savoir combien de chrétiens sont encore en Irak, mais l'on dispose tout de même de quelques chiffres, diffusés par les communautés religieuses elles-mêmes. D'après elles, ils étaient encore un million au moment de la première guerre du Golfe en 1991, et 800.000 lors de l'invasion américaine de 2003. Depuis onze ans, un millier de chrétiens ont été tués et environ 400.000 ont quitté le pays. Il resterait donc aujourd'hui 400.000 chrétiens en Irak, dont l'importante communauté de Bagdad (entre 100 et 150 000 personnes).

Pascal ANDRE (avec La Croix)

Catégorie : International

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