Lors de la rencontre annuelle entre les dignitaires religieux et les dirigeants de l'Union européenne qui s’est tenue le 30 mai au siège de la Commission européenne à Bruxelles, l'Eglise catholique a fait part de sa réflexion sur la citoyenneté européenne.
Cette rencontre avait effectivement pour thème "Placer les citoyens au cœur de l’Europe en période de mutation". Un sujet qui s'est naturellement imposé puisque 2013 est l’Année européenne des citoyens. Les participants ont notamment échangé sur les moyens de rapprocher l’Europe de ses citoyens et d’intensifier le dialogue avec ces derniers et les organisations de la société civile.
L’Eglise catholique était représentée à cette rencontre de haut niveau par l’archevêque Manuel Clemente, le Patriarche de Lisbonne, par Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire de Malines- Bruxelles et Vice-Président de la Commission des épiscopats de la communauté européenne (Comece), ainsi que par Mgr Youssef Soueif, archevêque des Maronites et membre de la Comece pour Chypre. Durant cette rencontre, ils ont présenté leur propre réflexion sur la citoyenneté européenne.
Des droits et des devoirs
"La notion contemporaine de citoyenneté au sein de la famille des nations européennes est certes complexe et repose sur les diverses traditions qui cohabitent en Europe", indique la Comece dans un communiqué de presse. "L’une de ces traditions fondatrices est le Christianisme et son héritage a profondément influencé notre conception de la citoyenneté, avant tout en termes de valeurs, qui sont au cœur de ce concept."
La Comece indique par la suite que, selon la conception chrétienne, la plus importante caractéristique de cette citoyenneté est que les droits doivent être contrebalancés par des devoirs. "Nos droits doivent aller de pair avec nos responsabilités civiques", relève la Comece qui estime que "le chrétien devrait avant tout considérer ses devoirs et responsabilités et s’efforcer de créer une société inclusive, ouverte et particulièrement sensible à ceux dont les droits ne sont pas entièrement respectés ou à ceux qui, bien que vivant parmi nous, ne bénéficient pas des privilèges liés à la citoyenneté que nous considérons trop souvent comme acquis." Et d'expliquer que ce défi pour la conscience chrétienne est d’autant plus urgent en ces temps de crise économique. "De même, il est urgent d’insuffler une dimension spirituelle à la notion de citoyenneté, si l’on veut permettre à l’Europe de trouver son 'âme' ", n'oublie pas d'ajouter la Comece.

Citoyen par son "activisme" caritatif
Enfin, la représentation européenne de l'Eglise catholique pense que la citoyenneté "active" ne doit pas uniquement se traduire par un engagement politique, mais aussi par un activisme dans les organisations caritatives et dans le bénévolat, entre autres. "Ceci représente un aspect très important d’une citoyenneté européenne active, saine et responsable. Le réseau des organisations catholiques à travers l’Europe peut ainsi jouer un rôle important pour atteindre cet objectif", conclut le communiqué.
P.G./CP
Photo: Mgr Kockerols aux côtés des dirigeants de l'Union européenne
