Le pape propose que les pourparlers de paix entre la Russie et l’Ukraine se tiennent au Vatican


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Le pape propose que les pourparlers de paix entre la Russie et l’Ukraine se tiennent au Vatican
Image d'illustration: Pixabay CCBY Joachim Schnürle
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le
2 min

Dans un contexte de guerre prolongée entre l’Ukraine et la Russie, la récente proposition du pape Léon XIV de faire du Vatican un lieu de négociation suscite un regain d’intérêt diplomatique.

L’offre du Saint-Siège intervient après l’échec des pourparlers en Turquie et semble raviver une tradition vaticane de médiation pacificatrice. Léon XIV a exprimé son désir de déployer "tous les efforts" pour que "la paix se répande". Le 14 mai, il précisait la disponibilité du Saint-Siège comme lieu "pour que les ennemis se rencontrent et se regardent dans les yeux, pour que les peuples retrouvent  l'espérance et qu'on leur rende la dignité qu'ils méritent, la dignité de la paix. Les peuples veulent la paix et moi, le cœur sur la main, je dis aux dirigeants des peuples: rencontrons-nous, dialoguons, négocions". Cette déclaration s’inscrit dans une volonté plus large du Vatican de jouer un rôle actif sur la scène géopolitique, ambition soutenue par plusieurs capitales occidentales. Donald Trump, à l’issue d’un appel avec Vladimir Poutine, a affirmé que Moscou était ouvert à l’idée d’un mémorandum avec l’Ukraine, saluant le rôle du Vatican et lançant: "Que le processus commence !"

Une proposition encore incertaine, freinée par Moscou

Malgré l’accueil favorable de Kiev, Washington et de l’Union européenne, la proposition reste à ce stade hypothétique. Le Kremlin a rapidement tempéré l’enthousiasme en affirmant qu’il n’existait "aucun accord sur cette question". De son côté, le secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, a précisé que la proposition relevait avant tout d’une disponibilité de lieu pour faciliter une "rencontre directe" entre les deux parties avec "toute la discrétion nécessaire". En coulisse, Rome devient ainsi le théâtre d’un intense ballet diplomatique, comme en témoigne la rencontre récente entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky au Vatican, lors des funérailles du pape François. Le Wall Street Journal avançait cette semaine que les pourparlers devraient se tenir mi-juin au Vatican. Une information mise à mal par les déclaration, ce 23 mai, du chef de la diplomatie russe. Sergueï Lavrov, a émis des doutes sur le choix du Vatican comme potentiel lieu d’une deuxième réunion russo-ukrainienne. "Ce ne serait pas très élégant que des pays orthodoxes discutent en terre catholique de questions relatives à l’élimination des causes profondes" du conflit en Ukraine, a indiqué Sergueï Lavrov, ajoutant que "le Vatican lui-même ne serait pas très à l’aise dans ces conditions pour accueillir les délégations de deux pays orthodoxes ". Si la proposition du pape devait se concrétiser, elle marquerait un retour en force de la diplomatie vaticane sur les grands dossiers internationaux.

MVL

Catégorie : International

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