Ce 28 février, le deuxième chapitre du rapport d’évaluation du GIEC est paru. Les conclusions en sont limpides : il est (bien) plus urgent que prévu de renforcer les mesures pour s’adapter à l’urgence climatique. D’autre part, chaque dixième de degré de réchauffement supplémentaire rendra la tâche plus difficile. Enfin, la solidarité et l’équité sont indispensables pour lutter efficacement contre le dérèglement climatique.

Les réactions à cette publication ne se font pas attendre. "Il est illusoire de penser que nous pouvons rester sous la barre vitale de 1,5°C si tout le monde ne s’y met pas sérieusement, explique Rebecca Thissen, chargée de recherche en justice climatique au CNCD-11.11.11. Respecter ses engagements en matière de solidarité internationale est tout aussi important que la réduction drastique de nos émissions de gaz à effet de serre. L’un ne va pas sans l’autre. L’Accord de Paris est en effet basé sur un équilibre essentiel : il s’applique à tous les Etats, y compris les plus pauvres, mais à la condition que les pays les plus riches prennent leurs responsabilités en matière financière."
Victimes déjà à la limite de la pauvreté
Du côté de la CIDSé, coordination internationale des ONG catholiques actives dans la solidarité et le développement, la justice mondiale prend une place importante dans ce scénario. "Les personnes les plus pauvres, comme certaines des communautés avec lesquelles nous travaillons en Afrique, ne sont pas responsables de la crise climatique, déclare le Père Germain Rajoelison du SECAM, le Symposium des Conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar, mais elles souffrent déjà le plus. Ils sont également les moins équipés financièrement pour faire face aux impacts climatiques. Des milliers de communautés dans plusieurs régions d'Afrique comme Madagascar d'où je viens connaissent un climat très erratique, alternant sécheresses et typhons, créant tant de ravages dans la vie de nombreuses personnes, en particulier les pauvres et les plus vulnérables. Beaucoup d'entre eux atteignent le les limites de l'adaptation."
La CIDSE met l'accent sur le fait qu'il existe des solutions aux problèmes mondiaux si l'humanité agit ensemble et en réelle solidarité. "Il est de notre responsabilité de prendre soin de notre maison commune, respecter son environnement paisible et sain, et utiliser ses ressources avec sagesse et précaution. Cela nécessite un effort mondial constant, mais nous n'avons pas peur d'une grande entreprise si nous le faisons ensemble et si personne n'est laissé pour compte. Concrètement, la solidarité doit prendre la forme d'une approche de responsabilité commune mais différenciée.” a déclaré Josianne Gauthier, secrétaire générale de la CIDSE.
Prendre soin de la Maison commune
En tant qu'organisation confessionnelle, la CIDSE encourage les conversions écologiques nécessaire pour prendre soin de la planète et appelle à des approches transformatrices telles que agroécologie - que le rapport du GIEC identifie comme une option d'adaptation efficace - pour jouer un rôle clé dans l'adaptation au changement climatique, en aidant à préserver et à restaurer les écosystèmes tout en apportant des co-bénéfices d'atténuation. L'agroécologie a en effet démontré qu'elle soutenait la réalisation du droit à l'alimentation tout en favorisant des communautés prospères et la biodiversité.
La CIDSE réitère son appel à financement climatique accru et, en particulier, appelle les gouvernements à renforcer leurs responsabilités en matière de financement climatique, à réviser et à mettre à jour leurs objectifs climatiques nationaux (NDC) et à accélérer les efforts pour réussir à éliminer progressivement tous les combustibles fossiles afin de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 1.5 °C. Le dernier rapport du GIEC souligne clairement que le financement actuel de l'adaptation climatique est insuffisant pour répondre à l'aggravation des impacts du changement climatique dans les pays en développement.
(d'après communiqués)
Photo: CC0 (Pxhere)
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