Le cardinal Koch attend beaucoup du Concile panorthodoxe


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Le cardinal Koch attend beaucoup du Concile panorthodoxe
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

En juillet prochain, cela fera deux ans que le cardinal Kurt Koch est à la tête du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens. L'agence Apic a rencontré ce fervent défenseur du dialogue œcuménique à l'abbaye bénédictine d'Einsiedeln, à l'occasion du pèlerinage annuel organisé par "Aide à l'Église en détresse".

L'ancien évêque de Bâle a été choisi par Benoît XVI pour succéder au cardinal allemand Walter Kasper à la tête du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, en raison notamment de sa bonne connaissance des Églises nées de la Réforme. "Il voulait un évêque qui ne connaisse pas seulement les Églises et les communautés religieuses nées de la Réforme à partir des livres, mais par une expérience concrète", a expliqué le cardinal Koch à l'agence Apic. "La Suisse est le deuxième pays de la Réforme après l'Allemagne. Seulement, maintenant, de par ma fonction, j'ai devant moi un panorama désormais plus vaste."

Interrogé sur les relations de l'Église catholique avec les Églises orthodoxes, l'ancien évêque de Bâle reconnaît que ces dernières "ont beaucoup de choses en commun". Le dialogue a toutefois été interrompu en 2000 suite au problème de l'uniatisme (*) et du prosélytisme soulevé par le patriarcat de Moscou. Il faut dire aussi que les relations entre Jean-Paul II et Alexis II n'étaient pas des meilleures. "Issu d'une famille d'origine allemande, Alexis II devait prouvait qu'il était bien russe", poursuit le cardinal Koch. "Cela explique en partie les tensions avec un pape originaire de Pologne." Heureusement, dès le début de son pontificat, en avril 2005, Benoît XVI s'est rapidement attelé à rétablir le dialogue. "L'actuel patriarche Kirill connaissait le cardinal Ratzinger, bien avant qu'il ne devienne pape et leurs relations étaient bonnes."

La question de la primauté du pape divise

Le dialogue avec les Églises orthodoxes n'est pas débloqué pour autant. "On se heurte à la question de la primauté du pape", explique le président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens. "Nous pensions avoir franchi un pas important après la rencontre de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l'Église catholique romaine et l'Église orthodoxe à Ravenne, en 2007. Catholiques et orthodoxes s'acheminaient vers un accord (…), mais en mars 2011, le patriarche de Moscou a dit qu'il n'accepterait jamais le document de Ravenne (…). Il faut donc attendre les travaux du futur Concile panorthodoxe, dont les résultats seront importants pour l'avenir de l'œcuménisme." En préparation depuis 35 ans, celui-ci devrait se tenir fin 2012. Ce rendez-vous historique devrait permettre à l’Eglise orthodoxe, forte de ses 200 millions de fidèles, de réaffirmer sa présence dans le monde. Il y sera notamment question du statut canonique de la diaspora (les orthodoxes dans le monde occidental), de la primauté du Patriarcat de Constantinople et de la hiérarchie entre les Patriarcats.

P. A. (avec Apic)

(*) Les Églises dites "uniates" – un terme considéré comme péjoratif par ces Églises – sont les Églises orientales qui ont rompu avec leur "Église mère" orthodoxe et sont entrées en communion avec l'Église catholique romaine.


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