Attentats de Bruxelles : les victimes se sentent oubliées


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Attentats de Bruxelles : les victimes se sentent oubliées
Mémorial à la station de métro Maelbeek_2020_CC BY-SA 4.0 JCornelius
Par La rédaction
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Alors qu'elle commémore le 5ème anniversaires des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016, l'ASBL Life4Brussels, qui représente les victimes de ce drame, tire la sonnette d'alarme. Les souffrances des victimes tombent dans l'oubli sans que le monde politique, même s'il a fait preuve de compassion et d'empathie au lendemain des attaques, ne légifère.

Les commémorations du 22 mars 2021 auront un goût amer pour l’ensemble des victimes des attentats de Bruxelles. Elles ont demandé à être entendues quant à la complexité et à la multitude des démarches à accomplir. Le 4 mai 2017, la Commission d’enquête parlementaire, mise en place à la suite des attentats, qui avait pris conscience de cette souffrance, a recommandé que la Belgique cesse de se reposer sur les assurances et « prévoie la création d’un fonds » pour indemniser les victimes. Elle appuyait donc la création d’un seul organisme, d’une seule expertise et d’une seule juridiction de recours. Cinq ans après les attaques meurtrières, l'ASBL constate que la Belgique a continué à offrir une aide subsidiaire aux victimes, tout en leur laissant la difficulté de s’adresser elles-mêmes à une multitude d’organismes publics ou privés.

L'intervention de l’État arrive trop tard et n'est pas adaptée aux besoins des victimes. "Même si aujourd’hui la Belgique décidait d’adopter une loi visant à couvrir en assurance le risque d’attaques terroristes quel que soit le mode opératoire des auteurs et ou le lieu où l’attentat survient, cela n’aura aucune incidence sur le nombre de démarches et de procédures que les victimes doivent accomplir seules depuis 2016. Même si la Belgique a adopté une loi visant à augmenter à 125.000 € le plafond de l’aide financière versée par l’État, cela n’a absolument rien changé, dès lors qu’en pratique les victimes doivent d’abord se retourner vers les compagnies d’assurances avant de pouvoir solliciter cette aide de l’État. Et une fois qu’une transaction est signée avec une assurance, l’aide n’est plus accordée. Même si l’aide urgente (ou avance) versée par l’État a été augmentée à 30.000 €, celle-ci a été conditionnée à une hospitalisation. Bon nombre de victimes n’ont pas été hospitalisées et se sont donc vues refuser une aide urgente. De plus, aucune victime ne s’est vue reconnaitre une aide urgente de 30.000 €.", constate Life4Brussels dans un communiqué.

Toutes ces augmentations de plafonds, rappelle l'ASBL, ne changent en rien les nombreuses démarches que doivent entreprendre les victimes. "L’État s’est rendu responsable de son absence d’informations, d’aides et de soutien, et n’a toujours pas compris que cette multitude de démarches est dommageable. L’État se rend responsable du découragement des victimes et de la perte de leur indemnisation adéquate.", précise encore l'association.

Pour elle, la seule solution adaptée serait la création d'un fonds de garantie et d'un système traitant globalement les réparations dues aux victimes. Une piste qui figurait dans l'accord de gouvernement. Cependant, le Nieuwsblad écrivait jeudi passé que, selon des documents du SPF Justice, une telle structure ne verrait pas le jour. Le cabinet de Vincent Van Quickenborne a répondu au journal qu'"une autre solution a été choisie sous la législature précédente", faisant référence aux augmentation des plafonds citées ci-dessus.

SP avec CP
Image:
Mémorial à la station de métro Maelbeek_2020_CC BY-SA 4.0 JCornelius

Découvrez le clip musical réalisé en mémoire des victimes des attentats du 22 mars 2016 dans cet article.


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