Nicaragua : visite du nonce apostolique aux étudiants en prison


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Nicaragua : visite du nonce apostolique aux étudiants en prison
Par Sophie Delhalle
Publié le - Modifié le
3 min

Mgr Waldemar Stanislaw Sommertag, nonce apostolique au Nicaragua, est allé rendre visite à des prisonniers politiques dans deux prisons du pays. Depuis le début de la contestation, plus de 700 opposants ont été jetés en prison. Le fossé semble inexorablement se creuser entre opposition et régime en place.

Dans un Nicaragua plus que jamais divisé, le nonce apostolique dans le pays, Mgr Waldemar Stanislaw Sommertag, accompagné de Mgr Andrea Piccioni, secrétaire de la nonciature, s’est rendu le 11 mars en visite au pénitencier féminin et au pénitencier national Jorge Navarro, où il a rencontré des prisonniers politiques. Selon un communiqué de la nonciature, "le nonce a eu une conversation personnelle, sincère et ouverte avec chacun des détenus, écoutant attentivement leurs propos, leurs préoccupations et leurs espoirs, il a en outre rappelé l’importance de la prière, pour sentir la proximité de Dieu avec des cœurs plein de confiance et animés par la recherche de la véritable paix."

Cette visite intervient alors que la Conférence épiscopale du Nicaragua a annoncé se retirer du dialogue national, estimant qu’il s’agissait ici du devoir des laïcs. A l’issue d’une réunion d’urgence vendredi 8 mars, les évêques ont annoncé qu'ils refusaient d'être "physiquement dans la salle de négociations" et qu'ils se consacreraient à leur "mission prophétique" et à "la prière" pour "que le Nicaragua trouve des chemins civilisés et justes pour une solution pacifique" à la crise.

Amaya toujours en attente d'un procès

Parmi les jeunes protestataires, se trouve Amaya Coppens, étudiante belgo-nicaraguayenne incarcérée depuis plus de cinq mois. Pour rappel, Amaya a été arrêtée le 10 septembre 2018 lors d’une manifestation populaire dans laquelle se trouvaient plusieurs étudiants. Elle est accusée, avec d’autres prisonniers, de terrorisme, d’entrave aux services publics, d’enlèvement, de détention illégale d’armes et de vol aggravé par les autorités nicaraguayennes et attend son procès avec anxiété. La famille a récemment été informée que le jugement, initialement prévu pour le 28 février, a une nouvelle fois été repoussé au 1er avril. Elle risque jusqu'à 50 ans de prison et son père ne se fait plus d'illusions concernant une prochaine libération de sa fille. Son affaire va être regroupée avec les dossiers de cinq autres jeunes, expliquent plusieurs médias locaux. Une audience pour joindre les causes était prévue le 5 mars et une audience préparatoire le 27 mars, a précisé sa famille.

capture écran VRT NWS

Pourtant, en février, Pierre Galant, du Centre d’action laïque, qui a bien connu le président Daniel Ortega, et Me Alexis Deswaef, ex-président de la Ligue des droits humains, avaient rencontré, à Bruxelles, l’ambassadeur du Nicaragua auprès de l’Union européenne et avaient intercédé en faveur de la jeune Belge, laquelle a reçu, dans sa cellule, la visite de l’ambassadeur belge au Panama. L’ambassadeur a assuré à Pierre Galant et Alexis Deswaef que les autorités nicaraguayennes travaillaient à une solution pour Amaya Coppens.

Fin janvier 2018, un groupe de députés européens, en visite au Nicaragua pour y analyser la crise politique, s'était d'ailleurs rendu à la prison, où Amaya Coppens partage une cellule avec 14 autres jeunes femmes. Elle s’est confiée au parlementaire belge Mark Demesmaeker (N-VA). Dans la vidéo publiée sur le site VRT nws, Amaya explique "avoir voulu manifester pacifiquement contre ce qui se passait d'injuste dans son pays". Raison pour laquelle elle se trouve en prison depuis six mois à présent. "Nous sommes ici pour soutenir Amaya qui est accusée de terrorisme, avait notamment affirmé l'eurodéputé belge, ce qui est bien entendu ridicule. La seule chose qu'elle ait faite en tant qu'étudiante en médecine est d'essayer d'aider des gens. Mais elle dérange le régime." La délégation européenne s'était ensuite rendue chez le président Ortega pour plaider la cause des étudiants emprisonnés. Ce dernier n'a pas répondu directement au plaidoyer mais, d'après la délégation, a écouté attentivement.

S.D. avec agences


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