A la veille de la COP 24 qui se déroule actuellement à Katowice, en Pologne, Bruxelles a accueilli la plus grande marche pour le climat jamais organisée en Belgique. Une mobilisation exceptionnelle que ne peut ignorer le gouvernement.
Des marches comme celle-là, on en redemande ! Joyeux, coloré, bon-enfant, l'interminable cortège qui a relié la gare du Nord au parc du Cinquantenaire à Bruxelles a fait forte impression, y compris sur les organisateurs qui ne s'attendait pas une telle mobilisation. Il est vrai que les encouragements pour participer à cette marche sont venus de partout. Non seulement des 70 associations qui composent la Coalition Climat (à l'origine de cette marche avec Climate Express), mais aussi de la part de personnalités et d'artistes. Même les évêques se sont joints au mouvement en appelant "les citoyens, les organisations et les gouvernements à accélérer et à intensifier leurs efforts pour faire face à la crise climatique."
On peut dire qu'ils ont été entendus ! On attendait 25.000 manifestants, ils furent sans doute 75.000 dont 5.000 à vélo à avoir affronté la pluie et le vent. Tout juste remise des incidents qui ont émaillé la manifestation de 500 gilets jaunes vendredi, la rue de la Loi a vu cette fois passer des dizaines de milliers de personnes sans que l'on eut à déplorer le moindre papier négligemment abandonné par terre.
55% de CO² en moins dans 10 ans
C'est que la Terre, justement, était au centre des préoccupations de ces marcheurs d'un jour. Venus en famille (avec souvent les trois générations confondues), entre amis ou avec leur association – on a notamment vu beaucoup de scouts et de membres de patros –, ils sont venus dire aux dirigeants politiques qu'ils étaient prêts pour relever le défi. A savoir réduire de 55% les émissions de CO² d'ici 2030. Et qu'ils attendaient maintenant de ces mêmes dirigeants des actes concrets en faveur d'une politique climatique plus ambitieuse aux niveaux mondial, européen et national.
L'accord de Paris (COP 21) avait comme objectif de limiter le réchauffement à maximum 1,5ºC. Mais pour les organisateurs, trop de promesses faites à Paris il y a trois ans doivent toujours être mises en pratique. "Depuis 2014, les émissions de CO2 augmentent à nouveau en Belgique à cause d’un manque de courage politique et de coopération. Nous devons donc passer à la vitesse supérieure", explique Nicolas Van Nuffel, porte-parole de la Coalition Climat.
C'est donc une responsabilité historique qui pèse sur les épaules de Charles Michel, interpellé hier mais qui a salué "le formidable succès de mobilisation citoyenne" qu'a constitué cette marche pour le climat. Rendez-vous est désormais pris pour la mi-décembre. On saura alors si les 195 pays du monde participant à la COP24 ont fait preuve d'une ambition répondant à la demande exprimée dimanche.
Pierre GRANIER
A la veille de la COP 24 qui se déroule actuellement à Katowice, en Pologne, Bruxelles a accueilli la plus grande marche pour le climat jamais organisée en Belgique. Une mobilisation exceptionnelle que ne peut ignorer le gouvernement.