Journée internationale Nelson Mandela


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Journée internationale Nelson Mandela
Par Sophie Delhalle
Publié le - Modifié le
5 min
"L’éducation est l'arme la plus puissante qu'on puisse utiliser pour changer le monde". Il y a 100 ans naissait Nelson Mandela. Depuis 2010, le 18 juillet est célébré comme le Mandela Day.
En novembre 2009, l’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré que le 18 juillet serait une "Journée internationale Nelson Mandela" en l’honneur du travail effectué par l'ancien président sud-africain en faveur de la paix et de la liberté. À l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Nelson Mandela célébré à Johannesburg, c'est Barack Obama qui a été choisi pour prononcer un discours intitulé « Renouveler l'héritage de Mandela et promouvoir la citoyenneté active dans un monde en évolution ». L'ex-président des Etats-Unis a ainsi fait résonner les mots de Madiba devant les quelque 15 000 personnes rassemblées dont des invités de marque comme la dernière épouse de Nelson Mandela, Graça Machel, l'ex-présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf ou encore l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan. Il a débuté son intervention en disant : « À l'occasion du 100e anniversaire de Madiba, nous sommes à la croisée des chemins, un moment où deux visions très différentes de l'avenir de l'humanité rivalisent pour savoir qui nous sommes et qui nous devrions être. » Obama s'est penché sur le « fait évident » que la discrimination raciale existe toujours aux États-Unis et en Afrique du Sud. Il a également déploré que "ceux qui sont au pouvoir cherchent à saper toutes les institutions qui donnent un sens à la démocratie". Toutefois, il a achevé son discours avec les mots d'espoir de son modèle: "Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé, ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr, et s'ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer, car l'amour naît plus naturellement dans le cœur de l'homme que son contraire."

67 minutes pour 67 années

Chaque année depuis 2010, jour de la naissance de Nelson Mandela, l’ONU se joint à la Fondation Nelson Mandela pour exhorter le monde à consacrer 67 minutes de son temps à aider les autres, afin de commémorer la Journée internationale qui lui est consacrée. 67 minutes de son temps à passer pour servir les autres et le bien public, en souvenir des 67 années de militantisme du vieux leader Sud Africain, aujourd'hui décédé.

Free yourself, free others, serve every day

Libérer et servir. Tels sont les principes poursuivis par Madiba tout au long de sa vie et perpétuer par le fondation qu'il a créée après avoir quitté son poste de président. Nelson Mandela a continué son combat pour la justice à travers la fondation Nelson Mandela/Living the Legacy (1999) qui s'est assigné pour missions la construction d'écoles, la prévention et la lutte contre le SIDA, des campagnes d'éducation à la paix dans les zones rurales et des interventions pour favoriser la réconciliation des Sud-africains. La fondation Nelson Mandela gère également un Centre de mémoire où sont conservés les archives de la vie et de l'époque du leader, ses travaux et ses écrits. Le centre veut avant tout promouvoir les initiatives de paix, en faveur des droits humains et de la démocratie, dans l'esprit du vénéré Madiba, et participer à la construction d'une société qui n'oublie pas son passé, écoute chacun et vise la justice sociale. Pour ce faire, le centre entend informer le grand public sur la vie et l'oeuvre de Mandela et contribue à nouer le dialogue autour des sujets cruciaux de notre société et, bien entendu, de proposer des solutions durables.

La foi de Mandela

Issu de l’Église méthodiste, Nelson Mandela évitait toutefois d’en faire état en public. Le président a toujours été discret, en public, sur ses liens avec le christianisme. Quand on l'interrogait sur le rôle de sa foi chrétienne dans sa lutte contre l’apartheid, il répondait que "la relation entre un homme et son Dieu est un sujet extrêmement privé, qui ne regarde pas les mass media".

Toutefois, dans sa correspondance, en 1993, il évoque la joie qu’il ressentait à fréquenter l’Eucharistie  : " Partager le sacrement qui fait partie de la tradition de mon Église était important à mes yeux. Cela me procurait l’apaisement et le calme intérieur. En sortant des services, j’étais un homme neuf. "

Au cours de sa vie, le christianisme de Mandela prend donc la forme d’une sagesse universelle. En 1994, il déclare même : " Je ne suis pas particulièrement religieux ou spirituel. Disons que je m’intéresse à toutes les tentatives qui sont faites pour découvrir le sens de la vie. La religion relève de cet exercice. "

D'abord et avant tout, la religion est donc une affaire d'ordre strictement privé dans le chef de Mandela. Mais cette réserve personnelle ne l’a pas empêché d’assigner un rôle aux religions dans la société : en particulier sur le plan de la justice et de la morale. Alors qu’il présidait à la destinée de l’Afrique du Sud, il leur adressa cette feuille de route en 1997 : " Nous avons besoin que les institutions religieuses continuent d’être la conscience de la société, le gardien de la morale et des intérêts des faibles et des opprimés. Nous avons besoin que les organisations religieuses participent à la société civile mobilisée pour la justice et la protection des droits de l’homme. "

Mandela sur grand écran

La figure emblématique n'a pas manqué d'inspirer nombre de réalisateurs qui ont porté à l'écran (une partie de) la vie de Mandela. Le tout dernier en date qui a connu un certain succès est "Invictus" (2010), réalisé par Clint Eastwood avec Morgan Freeman dans le rôle de Madiba. Un autre film britannique avait également attiré l'attention en 2007: "Goodbye Bafana". Moins connu, le film "Mandela and de Klerk" sorti en 1997. Ces films ont pu traduire sur écran la période la plus longue et la plus sombre de sa vie en évoquant notamment sa relation avec ses geôliers. Bien d'autres long-métrages et documentaires ont été consacrés au leader africain et à son entourage ("Winnie", 2011).

S.D.

Catégorie : International

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