Un centre jésuite de formation spécialisé en catéchèse et situé à Namur va fermer ses portes


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Un centre jésuite de formation spécialisé en catéchèse et situé à Namur va fermer ses portes
48 étudiants, venus de 12 pays, sont actuellement inscrits. © cathoBel/VD
Par Benoit Lannoo
Publié le
3 min

Le centre d'études "Lumen Vitae", rattaché à la Compagnie de Jésus, mettra fin à ses activités à la fin de la prochaine année universitaire.

Samedi soir, Dominique Martens, directeur du Centre international de formation, de catéchèse et de pastorale Lumen Vitae, a annoncé sur Facebook que l’assemblée générale de son institution venait de décider de mettre fin aux activités académiques le 30 juin 2027, soit après la prochaine année universitaire. "Par la suite, Lumen Vitae s’éteindra lentement, mais si le grain de blé ne meurt pas… Il s’agit d’une décision mûrement réfléchie. Nous tournons ainsi une page belle et profondément humaine, car ce centre s’est engagé pendant des décennies dans la formation catéchétique et pastorale des Églises les plus pauvres du monde." Le site francophone Egliseinfo.be, qui a déjà publié la nouvelle dimanche, ajoute à juste titre que cette fermeture illustre le fait que l’élan missionnaire et pastoral s’est inversé : notre pays n’est plus un pays de missionnaires, mais est lui-même devenu un pays de mission.

Justice sociale

Lumen Vitae remonte à 1946, soit avant le Concile Vatican II, lorsque fut créé à Bruxelles un centre de documentation, d'enseignement et de recherche sur la formation religieuse. Mais depuis 1968, il collabore avec les universités catholiques de Louvain et de Louvain-la-Neuve. Le centre est devenu le carrefour des échanges entre la théologie occidentale "classique" et les nouvelles perspectives théologiques venues du Sud, comme par exemple la théologie de la libération. Ce dialogue théologique ne s’est pas toujours déroulé sans heurts : au cours de l’année universitaire 1975-1976, par exemple, le centre a fermé ses portes pendant un an, après qu’un professeur y eut enseigné des idées jugées "trop marxistes". Mais même après sa réouverture en 1976, l’inspiration est restée fondamentalement axée sur l’ancrage de l’évangélisation dans la culture moderne, de pair avec la lutte pour la justice sociale.

Jésuites

Le centre a toujours été soutenu par la Compagnie de Jésus. En 2016, il a d'ailleurs déménagé de Bruxelles à Namur, où il a trouvé refuge au sein de l'université jésuite locale. Les publications du centre et la revue du même nom avaient déjà été transférées aux Éditions jésuites. Lumen Vitae accueille environ cinquante étudiants par an, souvent originaires d’une quinzaine de pays différents (en Afrique, en Haïti ou au Moyen-Orient). "Nous devons d’ailleurs refuser une vingtaine d’étudiants chaque année", explique Martens, "car notre pédagogie ignatienne spécifique ne permet pas d’en former davantage en même temps." Mais il manque aujourd’hui 200 000 euros pour maintenir le centre d’études en activité. Après plus d’un demi-siècle d’accueil dans notre pays de laïcs, d’agents pastoraux, de prêtres et de religieux de toute l’Église universelle venus se former pour leur mission dans le Sud, cette tradition touche désormais à sa fin.

Omnes Gentes

En collaboration avec les deux facultés de théologie de Louvain et Missio, Lumen Vitae organise également le colloque missiologique international biennal Omnes Gentes. "Cela continuera", assure Theo Havugimana, directeur de Missio. Mais bien que le dernier colloque remonte à l’automne 2024, il ne semble pas qu’une nouvelle édition soit prévue pour 2026. Le 18 octobre 2026, nous célébrerons en effet le centième anniversaire du Dimanche mondial des missions. Missio prépare à cette occasion une campagne spéciale et une exposition. Le thème de ce centième Dimanche des missions est "Un en Christ, unis dans la mission" et il s’inscrit dans la lignée de la devise épiscopale du pape Léon XIV : "Dans l’Unique, nous sommes un". Le nouveau pape a lui-même été missionnaire au Pérou pendant longtemps ; il sait donc mieux que quiconque combien il est important de former solidement les responsables ecclésiastiques dans le Sud. Quel dommage que l’Église de l’Occident riche n’ait apparemment plus les moyens de le faire.

Benoit LANNOO


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