Le 2 février est la Journée mondiale de la Vie consacrée. A cette occasion, nous avons demandé à Sœur Marie de Lovinfosse, responsable du Service biblique du diocèse de Liège, de nous raconter les origines de sa vocation.
Plus d’une fois des personnes m’ont demandé pourquoi j’ai choisi de devenir religieuse, en l’occurrence sœur de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal, fondée par Marguerite Bourgeoys au XVIIe siècle (www.cnd-m.org). D’une étape à l’autre de ma vie, la réponse à cette question se creuse et mûrit. Je reconnais que chaque vocation chrétienne a en elle-même une valeur incomparable, au cœur des défis et des joies spécifiques qu’elle traverse. En tant que femme, je suis engagée sur le chemin de la vie religieuse aujourd’hui, non comme une vocation de première classe, mais comme un chemin d’humilité, autrement dit de vérité et de liberté. Ma joie, c’est d’expérimenter que Dieu est Dieu, l’Unique, au milieu de nous, en toute circonstance. Oui, vraiment, "le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu" (Luc 19,10).
J’apprends à grandir en humanité, en me laissant transformer et rejoindre par le parcours libérateur de Jésus dans les évangiles, ainsi que par les personnes que je rencontre au quotidien.
Jésus m’a parlé
C’était un vendredi saint. J’avais dix ans. Je rentre dans une église que je connaissais pourtant bien. Mon regard se pose sur une ancienne sculpture de Jésus en croix qui est fixée au fond du chœur. C’est comme si je voyais pour la première fois un crucifix. Je suis saisie par l’humble folie de Dieu en Jésus: il est complètement fou de nous aimer jusque-là, lui qui a choisi de devenir un être humain, à la fois vulnérable et fort, pour que nous puissions d’autant plus expérimenter sa proximité libératrice avec nous, en toute circonstance.
Depuis lors, à un niveau personnel et en solidarité avec d’autres, je traverse des défis et des joies, des épreuves et des victoires, à partir de sa parole qui appelle à la Vie: "Lève-toi, prends ton brancard et marche!" (Jean 5,8). Et il me donne de marcher là où je n’aurais jamais pensé aller de moi-même, avec les autres, sur un chemin d’humanité et d’humanisation.
Marie de LOVINFOSSE
