Favoriser le dialogue interconvictionnel, en Belgique mais également au niveau européen, en soutenant les acteurs de terrain, telle est (une partie de) la noble ambition du nouvel Institut Logoï, qui a vu le jour ce 4 décembre.

Officier de l’Armée belge depuis près de 20 ans, coordinatrice des aumôneries militaires depuis 2018, Tatiana Letovaltseva (à droite sur la photo) est la vice-présidente de l’Institut Logoï, officiellement inauguré le 4 décembre dernier.
Dans le prolongement d'Emouna
Avec pour mission de favoriser le dialogue interconvictionnel au sein de la Défense, « véritable laboratoire pour la société civile », Tatiana était probablement la personne tout désignée pour co-piloter cet ambitieux projet.
« J’avais aussi envie de m’impliquer comme citoyenne », nous explique la détentrice d’un master à la KULeuven en dialogue interconvictionnel et religions du monde. Tatiana a également suivi la formation Emouna dont la troisième édition a été soutenue par la Défense.
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« L’Institut Logoï, c’est en quelque sorte une prolongation d’Emouna, notre objectif principal est de faire la promotion du dialogue interconvictionnel, de répondre aux besoins des acteurs et de les mettre en valeur mais aussi de défendre cette notion au sein des structures internationales mais surtout européennes ».
L'Institut Logoï veut "booster" les acteurs de terrain
En partenariat avec le think tank G3I, l’Institut Logoï entend adopter une approche constructiviste, pour réaliser une « mise en commun de toutes les convictions, espoirs, souhaits ».
Organe de réflexion et de méta-connexion, l’Institut Logoï se donne pour noble ambition de faire la promotion en Belgique et en Europe du dialogue interconvictionnel en connectant tous les projets et acteurs de terrain, en d’autres termes, « booster ce qui existe déjà ».
Dans sa charte, les membres de l'Institut Logoï expriment également leur volonté de "lutter contre le repli sur soi et participer à la prévention du radicalisme et de l'extrémisme", en faisant le "pari de la fraternité dans la diversité".
Une foire de l'interconvictionnel en 2025
Déjà dans les cartons de l’Institut Logoï, un futur projet, lui aussi très ambitieux, à l’horizon 2025 : une foire européenne de l’interconvictionnel. En partenariat avec Emouna, G3I et le Conseil de l’Europe, cet évènement rassemblera, simultanément à Bruxelles et Strasbourg, les différents acteurs déjà engagés dans le dialogue interconvictionnel.
Mais avant cela, deux étapes préliminaires seront nécessaires : un colloque en 2023 et un second en 2024, pour notamment finaliser la rédaction d’une lettre adressée aux futurs dirigeants européens.
« Cette foire, nous explique Sébastien Chovaney, doctorant ULB, chargé de projet pour Logoï, comportera un village de stands pour les associations, une agora c'est-à-dire une scène pour accueillir concerts, spectacles, conférences et un forum académique où experts échangeront autour de la notion de dialogue interconvictionnel ». Le but poursuivi est double : approfondir la recherche mais surtout faire connaître et faciliter les actions concrètes, déjà mises en œuvre. Bien que nombreuses, elles manquent malheureusement de visibilité, et Logoï entend bien porter leur voix au plus haut niveau de la société.

Confronter les identités pour trouver des solutions
« Vivre le dialogue interconvictionnel, c’est vivre un dialogue authentique entre personnes aux horizons différents dans le respect de l’altérité » commente Tatiana Letovaltseva. Attitude qui relève d’un choix personnel, celui d’aller vers l’autre avec humilité et empathie. « Je suis persuadée que mes convictions peuvent apporter quelque chose aux nouveaux défis globaux mais j’ai besoin des autres et de confronter mes convictions, de mettre en dialogue nos identités respectives pour créer des solutions créatives ».
Toutefois, avertit la vice-présidente, « nous n’avons pas pour projet de créer une religion de l’interconvictionnel, nous n’avons rien à vendre. » Construire avec la diversité convictionnelle, c’est faire le pari d’affronter la complexité du vivre ensemble aujourd’hui, conclut Tatiana.
À noter que les chefs de culte ont été informés de la démarche qui réunit catholiques, protestants, musulmans, juifs, bouddhistes, humanistes, orthodoxes…
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Sophie DELHALLE
