En Pré-Javais, dans le bâtiment qui accueillera prochainement la communauté des Dames de l’Instruction Chrétienne, nous sommes allés à la rencontre du diacre Alfred Vanderstraeten, cheville ouvrière du Carrefour Saint-Remacle, centre vincentien verviétois de solidarités.
Comme chaque lundi et mardi, ils sont nombreux à attendre l’ouverture du Carrefour Saint-Remacle situé dans un des trois quartiers les plus défavorisés de Verviers. Hommes et femmes viennent y chercher un colis de vivres qui complètera ce que les revenus ne permettent plus d’acquérir pour satisfaire aux besoins primaires de leur famille.
Alfred Vanderstraeten, qui nous reçoit dans les locaux du Carrefour Saint-Remacle, est diacre depuis 21 ans dans l’UP Jean XXIII - Val de Vesdre et au service de la solidarité à Verviers depuis 16 ans. Aujourd’hui, il est le coordinateur d’une équipe de 12 volontaires qui se relaient au service de personnes défavorisées, touchées tant par les crises économiques, du Covid ou par les inondations. Leur leitmotiv: ne pas juger mais aider.
Une solidarité fruit de partenariats
D’emblée, Alfred Vanderstraeten nous dit que "rien ne serait possible sans les divers partenariats qui permettent d’alimenter les paniers distribués. Ce partenariat est une grosse aubaine indispensable." Que ce soit par l’apport du Réseau Social Urbain Verviétois qui collecte les invendus de grandes surfaces et vient deux fois chaque jour approvisionner le Carrefour Saint-Remacle en denrées fraîches, surgelées ou en conserves. Ou encore par la mise à disposition d’une assistante sociale en première ligne pour répondre aux demandes d’aides et déterminer la périodicité des colis (bimensuelle ou hebdomadaire). La Banque Alimentaire de Liège contribue également à la composition des colis et ce sont encore les employés du RSUV qui se chargent d’acheminer les vivres rue Saint-Remacle. Le FEAD (Fonds Européen d’Aide au plus Démunis) vient compléter ces partenariats sans lesquels le Carrefour Saint-Remacle serait dans l’impossibilité d’honorer les demandes qui lui parviennent chaque semaine.
Une ville solidaire
Tout au long de l’année, mais plus encore dans les dernières semaines de l’année, l’opération "Verviers ma Ville, Solidaire", collaboration permanente avec 11 service-clubs de Verviers et Pepinster, vient mettre un peu de lumière dans un quotidien souvent morose et encore plus sombre depuis les inondations qui ont impacté ce quartier.
Cette année, pas moins de 11,9 tonnes de vivres dont deux tonnes en briques de lait offertes par des agriculteurs, ont été collectées dans les grandes surfaces verviétoises. Les industriels locaux ne sont pas en reste, notamment pour les produits papier produits chez Mabelpap, ou ce nouveau transpalette offert récemment.
Le lundi 27 décembre dernier, des membres de la Communauté de Sant’Egidio ont rejoint Verviers pour apporter leur concours au Carrefour Saint-Remacle en distribuant des sachets-cadeaux et procurer ainsi un peu de réconfort avec l’espoir de voir briller les yeux des enfants.
Qu’il n’y ait plus de pauvres
Si Alfred Vanderstraeten et son équipe sont heureux de pouvoir répondre aux demandes des bénéficiaires du Carrefour Saint-Remacle, ils regrettent néanmoins que certains n’osent pas franchir le seuil de l’association ouverte à tous. Comme nous tous en ce début d’année, ils forment des vœux et pour Alfred Vanderstraeten, le plus cher est "qu’il n’y ait plus de pauvres".
Dominique SERVAIS
