Depuis la crise sanitaire, la mobilité a changé : le trafic n’est plus aussi dense et les usagers de la route se sont diversifiés au profit des deux roues et des piétons. Cette nouvelle cohabitation n’est pas toujours évidente, et requiert une vigilance accrue, de tous, pour des trajets plus sûrs. C’est le moment pour l’AWSR de le rappeler, alors que les jours fériés et perspectives de météo plus clémente incitent à la sortie.
La crise sanitaire a provoqué de nouvelles habitudes de mobilité de la part des Wallons. En témoignent notamment les ruptures de stock de vélos et l’augmentation des ventes de motos. Il n’y a jamais eu autant de motos, vélos et piétons en circulation qu’aujourd’hui : la part des kilomètres parcourus à vélo et à pied a augmenté de 40% sur l’année 2020. Or, partager l’espace de circulation entre les différents types d’usagers ne s’avère pas chose aisée et reste lourd de conséquences : sur l’ensemble des accidents corporels en Wallonie, deux accidents sur trois sont des collisions entre plusieurs usagers, et ils représentent surtout un accident mortel sur deux. L’enjeu est important, c’est le moment de s’en préoccuper et d’y sensibiliser tous les acteurs.
Stress, surprise, injure, klaxon, refus de priorité, distance menaçante, etc.… Autant d’éléments qui illustrent que se déplacer à plusieurs sur une même route, et donc la partager peut s’avérer compliqué. Pour Pierre Lannoy, sociologue de l’Université Libre de Bruxelles, se déplacer ne demande pas seulement de connaître le Code de la route, mais bien un certain "savoir-faire social" "Circuler amène toujours à rencontrer d’autres usagers, avec qui il faut « négocier » son chemin. Chaque usager interprète la situation en fonction de stéréotypes, tels que « les automobilistes sont tous des chauffards », « les cyclistes prennent toute la place », « les motards sont des cow-boys » ou « les piétons sont toujours distraits ». En réalité, ces stéréotypes viennent combler une méconnaissance ou un mépris des autres manières de se déplacer, et la rencontre devient alors un affrontement, et quelques fois un accident. Or, des déplacements plus sûrs demandent non seulement d’avoir l’esprit attentif, mais également d’avoir l’esprit ouvert : la diversité fait partie de la circulation routière, et elle le sera de plus en plus ! Sur la route, voir juste, c’est s’ajuster."
Cette ouverture à l’autre peut se manifester aisément par des gestes simples, et avoir déjà un impact sur la sécurité et la convivialité entre tous les usagers. Retenons quelques conseils comme : pratiquer une vitesse adaptée, respecter des distances de sécurité, et particulièrement en dépassement, communiquer ses intentions sur la route, céder le passage, pratiquer la tirette, éviter les distractions du GSM, regarder derrière soi avant d’ouvrir sa portière, respecter le Code de la route, se montrer patient vis-à-vis des autres usagers, en tant que piéton remercier celui qui freine pour moi, etc. 82% des automobilistes wallons affirment que si tous les usagers étaient polis et respectueux les uns avec les autres, il y aurait moins de morts sur les routes.
« Ensemble, partageons mieux la route », c’est le message de sensibilisation qu’adressera l’AWSR (l’Agence wallonne pour la Sécurité routière) à tous les usagers du réseau routier wallon dès le 10 mai, pour une conduite plus sereine, plus attentive à l’autre.
SP avec CP
