En dix ans, le nombre de sans-abris a doublé à Bruxelles. Mais c’est aussi le cas en Wallonie. Le nombre de personnes sans-abris chroniques représente 55 % du nombre total de dossiers "sans-abri" en Région bruxelloise, il diminue presque de moitié en Wallonie avec 28 %, et encore en Flandre avec 16 %.
A l’automne dernier, une première tentative de recensement a eu lieu dans plusieurs villes belges et a conclu, elle aussi, à une hausse du nombre de sans-abris. Un second recensement est prévu en octobre prochain. Sur Bruxelles, un total de 3.386 personnes a été comptabilisé, parmi lesquelles 35 % de personnes sans abri (dans les espaces publics ou dans des maisons d'accueil d'urgence et de crise), 25 % de personnes sans logement (maison d'accueil) et 40 % de personnes en logement inadéquat (squats inclus). Malgré une augmentation de l’habitat accompagné traditionnel et un doublement des programmes Housing First (logement d’abord), ces deux dernières années représentent une "perspective encourageante", le logement demeure avec les besoins alimentaires, l’un des maux du siècle.
Trop d’aides ponctuelles

A Liège, l'ASBL Benoit et Michel mise en place par deux anciens "sans abri" se bat au quotidien pour que chacun dispose d'un toit sur la tête.
Nul doute que la crise actuelle et ses répercussions accentueront cette réalité. Pour l’heure, l’organisation des Plans Hiver ou Grands Froids, chaque année, apporte un toit provisoire à ces femmes, ces hommes et ces enfants (de plus en plus nombreux) qui vivent dans la rue ou sans "chez soi". On pourrait d’ailleurs en dire autant des services d’accueil de jour qui touchent la même population.
L’hiver dernier, pour la première fois, les acteurs sociaux du pays de Liège ont offert aux démunis sans-abris un accueil de jour coordonné. Grâce au soutien de Caritas Secours Liège avec l’Urgence sociale et le CPAS de Liège, l’ancien internat de Don Bosco est venu combler de lits manquants pour la nuit, les lits offerts dans le cadre du Plan Grands Froids. Mais qu’en reste-il?
L’accueil de jour a fermé ses portes. Demeurent les services offerts certes par bon nombre d’associations actives comme Opération Thermos, Accueil Botanique pour ne citer qu’elles, mais c’est loin d’être suffisant. Chaque jour que Dieu fait, des familles, des femmes avec enfants, une population bigarrée et souvent exclue, disposant ou non de papiers, frappe à nos portes à la recherche d’un abri, d’un toit, tout simplement qui ne serait pas seulement provisoire. Que pouvons-nous-faire?
Il serait temps que les autorités politiques aussi se penchent sérieusement sur la question de façon définitive et trouve une solution durable à cette problématique grandissante. L’associatif seul ne peut y faire face même s’il ne manque pas de volonté et d’énergie pour tenter d’y arriver.
Régine KERZMANN,
pour Caritas Secours Liège
