Gestion du temporel de l’église dans le diocèse de Liège


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Gestion du temporel de l’église dans le diocèse de Liège
Par Diocèse de Liège
Publié le
3 min

Récemment, Isabelle Leclercq, bien connue de tous les membres des fabriques d’église du diocèse Liège, a passé le témoin à Philippe Lamalle. Nous avons rencontré le nouveau responsable du Service des Fabriques d’église.

Philippe Lamalle, le grand fabricien

Juriste de formation, Philippe Lamalle a eu une carrière longue et variée dans différents domaines. Il a été responsable dans le secteur bancaire, directeur d’établissement de soins en médecine humaine puis en médecine vétérinaire. Il a aussi une expérience de mandataire public, notamment comme échevin responsable des cultes à Esneux. Etant lui-même trésorier de fabrique d’église, il connaît donc la matière depuis longtemps.

Rappelez-nous, c’est quoi, une "fabrique d’église"?

Depuis le Concile de Trente, la gestion matérielle des paroisses et des églises est assurée au moins en partie par des laïcs. La véritable officialisation dans le droit civil a commencé par un décret impérial de Napoléon en 1809. Aujourd’hui encore, la législation napoléonienne est la base du fonctionnement des fabriques, composées de 5 ou 9 personnes en fonction de la taille de la paroisse.

C’est une des seules instances d’Eglise qui, en réalité, a un caractère civil…

Effectivement. Elle gère le "temporel", c’est-à-dire le matériel autour de l’église et du presbytère. Elle est évidemment au service de la pastorale, mais a été créé par le législateur civil comme un pouvoir local décentralisé. Certains églises et presbytères appartiennent à la commune, d’autres directement à la fabrique. Dans tous les cas, la fabrique a la responsabilité de gérer les bâtiments et d’assurer le fonctionnement quotidien du culte. Si elle n’a pas assez de revenus, c’est la commune qui doit suppléer au déficit.

Quelle est la mission de votre Service au sein de l’évêché?

Il est double:
1. A côté des communes, nous exerçons une tutelle sur les fabriques, pour leurs états financiers. Nous veillons aussi sur les opérations immobilières. Cela n’est pas toujours bien compris par les fabriciens qui ont l’impression qu’on les contrôle. Nous devons le faire parce que la matière est souvent complexe.
2. C’est pour cela que nous jouons aussi un rôle de conseil pour accompagner les fabriciens, qui sont des bénévoles, pour que leurs dossiers soient complets et corrects.

D’ailleurs, je voudrais dire un grand merci à toutes ces personnes bénévoles qui consacrent du temps à leur paroisse, surtout en cette période de pandémie où les recettes des collectes ont fortement diminué. Même s’il y a des problèmes de relève dans beaucoup de communautés, je crois que cette institution a encore un bel avenir devant elle…

Fabrique d’église et Unité pastorale: Deux réalités, deux vitesses?

Philippe Lamalle, on a parfois l’impression qu’il y a une différence de rythme d’évolution entre le temporel et la pastorale. Les anciennes paroisses sont devenues des Unités pastorales, alors qu’au niveau du temporel, la plupart des clochers ont encore leur fabrique… Y a-t-il quand-même une évolution qui va dans le sens de collaborations plus étroites, voire de fusions?

Oui, on s’efforce d’avancer aussi au niveau du temporel. Il y a trois ans, notre vicaire général, Eric de Beukelaer, a publié un Directoire diocésain pour la gestion du temporel des cultes intitulé "Objectif 2020". Il s’agit d’une opération de longue haleine pour tenir compte des évolutions qui sont en marche. Mais les changements annoncés dans ce document ne sont pas aisés à mettre en œuvre puisque les fabriques sont des institutions publiques; toute évolution importante doit passer par des procédures très longues où l’autorité civile a son mot à dire. On imagine peut-être qu’elle va dire oui tout de suite à ces restructurations, mais étonnamment, les freins viennent souvent du civil justement.

En plus, au niveau local, pour arriver à une fusion d’églises, il faut l’accord de tous les clochers, ce qui n’est pas gagné d’avance. Mais nous constatons que les mentalités évoluent. Et nous sommes persuadés que s’il y a un accord au niveau local, les autres instances peuvent progresser également.

Propos recueillis par Ralph SCHMEDER

Catégorie : Diocèse de Liège

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