Etude PISA: la Belgique obtient la moyenne


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Etude PISA: la Belgique obtient la moyenne
Par Sophie Delhalle
Publié le - Modifié le
6 min

Tous les trois ans, l'étude PISA permet de connaître l'évolution du niveau des compétences acquis par les élèves, dans les pays participants à l'enquête. Le rapport 2018 nous apprend qu'en Belgique, la lecture continue de se dégrader tandis que, pour les mathématiques, les résultats sont en légère augmentation. Enfin, pour les sciences, le bilan est les résultats sont stables mais sous la moyenne de l'OCDE.

En 2018, la FW-B a pris part au septième cycle de l’enquête PISA. Cette vaste enquête internationale (79 pays participants lors de ce dernier cycle) évalue la compréhension en lecture, les mathématiques et les sciences. Tous les trois ans, une discipline est particulièrement investiguée. En 2018, il s’agit de la lecture. Ce rapport présente les résultats des premières analyses réalisées pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. Des publications ultérieures présenteront les résultats de manière plus exhaustive. En FW-B, 3 221 jeunes de 15 ans, issus de 107 établissements, ont pris part à l’évaluation. Ces élèves de 15 ans se répartissent dans différentes années et filières du secondaire.

Tassement des performances

Ainsi, 52% des élèves sont à l’heure dans leur parcours (4e secondaire), 1 % sont avancés, les autres sont en 3e , voire fréquentent encore le 1er degré (10 % des élèves). Par rapport à 2015, la proportion d’élèves en retard et la proportion d’élèves fréquentant le 1er degré ont diminué respectivement de 4 % et de 3 %. En lecture, les résultats de 2018 sont en léger recul par rapport à ceux de 2015. Alors que les performances des élèves s’étaient sensiblement améliorées en 2009 et 2012, rejoignant la moyenne des pays de l’OCDÉ, une baisse assez sensible a été enregistrée en 2015, et la proportion d’élèves aux compétences élémentaires est repartie à la hausse. Ce tassement des performances se confirme en 2018. Avec un score de 481, la FW-B est en-dessous de la moyenne OCDÉ (487). Les résultats en mathématiques (495) sont en légère augmentation et désormais supérieurs à ceux de la moyenne des pays de l’OCDÉ (489). Les résultats en sciences (483) sont stables par rapport à ceux des cycles antérieurs et en-dessous de la moyenne OCDÉ (489).

Inégalités sociales fortes

En matière d’inégalités liées à l’origine sociale, la FW-B se classe toujours parmi les systèmes éducatifs où ces inégalités sont les plus marquées, aux côtés de la Communauté flamande, de la France, de la Hongrie et du Luxembourg. L’écart entre les jeunes d’origine immigrée et les jeunes d’origine belge, à origine socio-économique équivalente, est relativement faible ; il est moins marqué que dans les autres pays de l’OCDÉ. Si la FW-B se distingue par des inégalités sociales fortes, il semble donc qu’une inégalité spécifiquement liée à l’origine ethnique ou culturelle ne vient pas s’y surajouter.

Réduction de l'écart

Autre résultat positif à souligner : la part de variance entre écoles est en diminution assez nette par rapport aux cycles antérieurs, en particulier dans le domaine de la lecture. En 2009, la part de variance entre écoles en lecture était de 56 %, en 2018, elle est de 35 %. On note donc une diminution considérable de plus de 20 % de cette variance en l’espace de dix ans. Ceci signifie que les résultats des élèves diffèrent moins qu’auparavant d’une école à l’autre dans le domaine de la lecture. En mathématiques et en sciences, la variance reste plus élevée (44 %).

Lecture en berne

Pour la lecture, la Belgique s'inscrit dans la moyenne (avec 481) mais bon nombre de pays font beaucoup mieux: le trio de tête est occupé par l'Estonie, le Canada et la Finlande. Les élèves de la FW-B sont comparativement plus performants pour le processus Localiser l’information (les deux autres compétences évaluées étant comprendre et évaluer et réfléchir). La lecture attire aussi moins d'élèves pour qui elle est une perte de temps. Une grande majorité des sondés ne lui consacre que moins d'une demi-heure par jour.

En mathématiques aussi, la Belgique se maintient dans la moyenne (avec 495). Les meilleurs scores sont enregistrés par le Japon, la Corée et l'Estonie. Notre pays fait cependant mieux que l'Italie, Le Luxembourg, l'Espagne ou encore les Etats-Unis. Pour ce qui concerne les sciences, ce sont encore la Finlande, l'Estonie et le Japon qui remportent le palmarès.

Climat scolaire

Cette étude nous en apprend aussi sur le climat scolaire en chiffrant notamment la composition des classes dans les pays de l'OCDE. Si la moyenne belge est plutôt bonne, avec 21 élèves par classe; l'Islande, la Suisse et la Finlande font mieux avec 19 élèves, c'est aussi le cas de la Communauté Flamande. En revanche, des pays comme le Mexique enregistrent une moyenne de 44 élèves par classe, la France 31. En moyenne dans les pays de l’OCDE, la classe accueille 26 élèves. La situation en FW-B est donc plutôt favorable à cet égard.

Trop de bruit

Concernant la discipline en classe, pour chacune des situations de classe décrites, le climat est moins favorable en FW-B que dans les deux autres communautés belges et surtout qu’en moyenne dans les pays de l’OCDÉ. Par exemple, plus de la moitié des élèves en FW-B déclarent qu’il y a du bruit et de l’agitation à chaque cours ou à la plupart de leurs cours de français. Plus de 38% d’entre eux ne commencent à travailler que bien après le début du cours. En termes de conditions d’apprentissage, la situation est en moyenne loin d’être optimale en FW-B.

Harcèlement en baisse

Et sur l'enthousiasme des enseignants, selon les élèves, le professeur belge aime donner cours. La situation est plus favorable en FW-B qu’en moyenne dans l’OCDE. En cette matière, c'est la Corée qui occupe la première place. La République Tchèque se retrouve en queue de peloton. Soulignons que les enseignants mexicains semblent enthousiastes malgré des conditions plus difficiles avec des classes plus nombreuses.

Le point suivant risque de faire grincer des dents. En effet, les directions d'écoles estiment, plus souvent que dans les autres pays de l’OCDE, que l’abstentéisme des enseignants, leur résistance au changement, leur manque de préparation, … nuisent à la qualité des apprentissages.

Et pour le harcèlement scolaire, selon les élèves toujours, il y moins de harcèlement en FW-B qu’en moyenne OCDE et le harcèlement a un peu diminué par rapport à 2015.

Bilan mitigé

En conclusion, l'étude PISA révèle de grandes disparités de performances en fonction des caractéristiques de parcours (redoublement, filières…). Mais aussi des inégalités liées à l’origine sociale plus élevées que dans la majorité des pays de l’OCDE. A contrario, les inégalités liées à l’origine immigrée sont moins marquées qu’en moyenne dans les pays de l’OCDE et dans les pays proches (Flandre, Pays-Bas, France, Allemagne…). L'étude relève également une réduction des différences de performances entre écoles, surtout en lecture.

Enfin, l'enquête pointe des environnements d’apprentissage plus ou moins favorables selon le critère considéré ou selon la source : par exemple des professeurs perçus comme enthousiastes par les élèves, assez soutenants, comme trop souvent absents, mal préparés et résistants au changement selon la direction, un climat de discipline peu favorable, des écoles qui n’encouragent ni la coopération ni la compétition, … Mais ce bilan mitigé ne doit pas occulter des indicateurs de climat scolaire/bien-être des élèves assez positifs : plutôt moins d’absences, moins de harcèlement, un meilleur sentiment d’appartenance à l’école qu’en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Sophie DELHALLE

 

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