Aumônerie carcérale : Ne pas réduire quelqu’un à un seul acte


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Aumônerie carcérale : Ne pas réduire quelqu’un à un seul acte
Par Diocèse de Liège
Publié le - Modifié le
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Jeune aumônier de prison, une décision mûrie et partagée avec son épouse, Sébastien Louis met en avant l’écoute et la présence demandée par des détenus qui l’accueillent dans leur cellule. Ce cœur d’or fait preuve d’empathie mais aussi d’un nécessaire détachement.

Sebastien Louis a été nommé aumônier pour les prisons de Marneffe et Huy

À Liège, un grand pont relie depuis des siècles les aumôniers et visiteurs de prisons aux personnes incarcérées. En 1602 déjà, la Compagnie de la Miséricorde a été reconnue par le prince-évêque Ernest de Bavière, et la Compagnie de la Charité pour le secours aux pauvres prisonniers a fêté en 1985 ses 400 printemps. Comme le souligne le père Philippe Landenne sj, au menu des aumôniers et visiteurs – les premiers accueillis dans les cellules, les seconds recevant aux parloirs – on trouve générosité, écoute, accompagnement et solidarité. Pour lui, “de tous les pèlerinages du diocèse, celui du bus 88 est le plus beau, car il conduit visiteurs, familles et amis à Lantin.

Une écoute tendre

Xavier Lambrecht, aumônier à Lantin depuis des lustres et coordinateur de l’équipe composée de deux prêtres et de six laïcs dont deux femmes, a terminé ces missions. Il poursuivra jusqu’en décembre la formation des aumôniers francophones et a été remplacé à la prison liégeoise par Guy Saenen.

Pour connaitre le travail d’un aumônier, nous avons rencontré Sébastien Louis, fraîchement nommé à Marneffe et Huy. On perçoit avant tout un accueil, une sensibilité, une écoute, des sentiments maîtrisés mais aussi un sourire apaisant. “J’ai fait, dit-il, un stage à Lantin, accompagné sur le terrain en cellule par mon formateur pour observer avant que pas à pas il ne me cède la place.

Viser la réinsertion

Via une fiche-message le détenu fait appel à un aumônier expliquant en bref le motif de sa demande. “On ne refuse jamais, précise Sébastien Louis. Je suis lié au secret professionnel et ne peux parler de ma conversation à personne, pas même à mon épouse. Quand le gardien ouvre la porte de la cellule, je demande au détenu si je puis entrer, je suis chez lui. Il mérite le respect en tant que personne. Il peut confier ce qu’il a sur le cœur: de la colère, de la peur d’autres détenus, de la tristesse de voir que sa famille ne lui rend plus visite… Nous ne sommes pas là pour résoudre des problèmes même matériels mais pour une présence. On doit parfois gérer une charge émotionnelle importante.” Il souligne des qualités indispensables: faire preuve d’empathie pour essayer de comprendre ce que le détenu vit et être capable d’un certain détachement. “Je veux, dit-il, faire sens, accueillir ce qu’on veut me dire. Je suis heureux quand le détenu esquisse un sourire à mon départ.

Pour Sébastien Louis, la prison pour la prison ne fait rien changer et coûte cher. “On ne peut pas, résume-t-il, réduire quelqu’un à son acte. Il ne faut pas pétrifier celui-ci; il est sans doute fort mais il en a posé des milliers d’autres. Il faut donner une deuxième chance et peut-être même davantage.

Thierry DE GYNS

Plus d’infos sur le site Aumonerie-catholique-des-prisons.be.

Catégorie : Diocèse de Liège

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