BOZAR accueille des vitraux contemporains


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BOZAR accueille des vitraux contemporains
Par Sophie Delhalle
Publié le - Modifié le
3 min

Mary, Comforter of the Afflicted II, 2016 Vitrail, cadre en aluminium 248,9 x 184,8 cm ; 98 x 72 3/4 in.

Jusqu'au 29 avril, BOZAR accueille en ses murs six vitraux de l'artiste plasiticien afroaméricain Kehinde Wiley. Inspirés de l'oeuvre du célèbre peintre français Ingres (1780-1867), ces vitraux contemporains et extravagants réinventent l'homme noir d'aujourd'hui, croisé dans la rue, en le faisant héros, saint et parfois martyr.

Produites par des artisans vitriers de République tchèque, ces pièces traitent de thèmes contemporains dans des décors élaborés et colorés que l’on associe plutôt à la contemplation religieuse. Wiley aime explorer l’iconographie religieuse, mettant particulièrement en scène le Christ et, pour la première fois, la Vierge Marie.

Selon les spécialistes du genre, il n'y a rien de très étonnant à ce que Kehinde Wiley se soit tourné vers le vitrail. Il s'agirait d'une étape logique après la peinture à l’huile, la sculpture en bronze et en marbre, les retables et les icônes.

Le plasticien natif de Los Angeles s’inscrit clairement dans la tradition historique du portrait. Descendant direct d’une longue lignée de portraitistes comme Reynolds, Gainsborough, Le Titien et Ingres, Wiley fait appel aux symboles et à la rhétorique visuelle du héros, du puissant, du majestueux et du sublime dans sa représentation de l’homme noir des villes du monde entier. Toutefois, les personnages plus grands que nature sont en rupture totale avec les canons du portrait ; ils affichent ainsi toute la force et masculinité du jeune homme de couleur.

En recourant au répertoire religieux pour glorifier des sujets issus du milieu urbain, Wiley créent des portraits ambiguës et provocants, laissant parfois le spectateur perplexe. Les portraits sont réalisés à partir de photos de jeunes hommes rencontrés dans les rues d’Harlem. Avec l’expérience, le plasticien a acquis une vision plus internationale de sa pratique et a recherché des modèles dans les villes du monde entier, à Mumbai, à Dakar et à Rio de Janeiro notamment, accumulant ainsi un important portfolio d’œuvres sous le titre “The World Stage.” Les modèles, généralement habillés dans le style ‘street wear’ , prennent les poses propres aux tableaux et sculptures historiques de leur pays. La présence de jeunes Noirs dans un cadre patrimonial dont ils sont généralement exclus suscite bien entendu des réactions. En évoquant des sources historiques, dont il reproduit les codes, Wiley placent les jeunes Noirs dans le champ de pouvoir.

L'artiste

Né en 1977 à Los Angeles, Kehinde Wiley vit et travaille entre New York, Pékin et Dakar. Elevé dans un quartier défavorisé, ce peintre virtuose, diplômé de Yale, est souvent décrit comme un «superlatif vivant». Kehinde Wiley a exposé dans plusieurs institutions américaines d'envergure telles que le Studio Museum de Harlem (2008) et le Jewish Museum de New York (2012). En 2014, une première exposition rétrospective ‘Kehinde Wiley : A New Republic’ lui est consacrée au Brooklyn Museum, pour
ensuite voyager à travers les Etats-Unis. Ses œuvres sont présentes dans plus de 35 collections publiques dont le Brooklyn Museum of Art et le Metropolitan Museum of Art à New York, le Hammer Museum et le LACMA à Los Angeles, et le Walker Art Center de Minneapolis. Wiley a d'ailleurs été choisi pour peindre le portrait officiel du Président Barack Obama pour la Smithsonian National Portrait Gallery, Washington DC.

 

Sophie Delhalle

Informations pratiques

Kehinde Wiley 07.02 – 29.04.2018

BOZAR Palais des Beaux-Arts

Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles

Ouverture: du mardi au dimanche, 10h – 18h, jeudi, 10h – 21h

www.bozar.be - [email protected]

Ticket: entrée libre

 

 

 

Catégorie : Belgique

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