France: Jean-Paul II au cœur d’un conflit


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France: Jean-Paul II au cœur d’un conflit
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Sous le principe de la laïcité de l'Etat français, la commune de Ploërmel, dans le Morbihan doit retirer une croix surplombant une statue du pape Jean Paul II, installée sur une place de la commune.

On ne badine pas avec la laïcité chez nos voisins d'outre-Quiévrain. Malgré le combat du maire de Ploërmel pour préserver une statue de saint Jean-Paul II, installée depuis plus de dix ans sur la place du village, celle-ci devra être amputée de la croix qui la surplombe. C'est qu'a décidé le Conseil d'Etat français, au nom du respect de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat. L'affaire n'est pas nouvelle puisque la polémique dure depuis plus de dix ans.

"Dès lors que la croix constitue un signe ou un emblème religieux au sens de l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905 et que son installation par la commune n’entre dans aucune des exceptions ménagées par cet article, sa présence dans un emplacement public est contraire à cette loi", a expliqué le Conseil d’Etat dans un communiqué. En 2010 déjà, le tribunal administratif de Vannes avait jugé illégale la subvention versée par le conseil général du Morbihan pour cette statue et ordonné son remboursement. La Fédération morbihannaise de la libre-pensée et deux habitants de la commune avaient saisi le tribunal administratif de Rennes après le refus implicite du maire de retirer le monument, d’une hauteur de 7,50 mètres, don de l’artiste russe Zourab Tsereteli. Le 30 avril 2015, le tribunal avait déjà enjoint au maire de Ploërmel de faire procéder, dans un délai de six mois, au retrait du monument de son emplacement. Une décision annulée le 15 décembre 2015 par la cour administrative d’appel de Nantes, qui invoquait une erreur de droit.

Un recours devant la CEDH ?

Mais le maire de Ploërmel entend tenir bon et n'en démord pas. Pour lui, la staue doit rester telle qu'elle est. Dès lors, il n’a pas exclu de porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). "La statue fait partie depuis douze ans du paysage de Ploërmel, ça ne dérange nullement les habitants. C’est au contraire un atout touristique indéniable pour la commune", a-t-il expliqué à l'AFP, ajoutant que "cet édifice est une œuvre d’art. Il faut l’autorisation de l’artiste pour la modifier".

Ce n'est pas la première fois que cette situation se présente dans l'Hexagone. En février dernier, une statue de la Vierge a été retirée dans la commune de Publier, que la mairie avait installée dans un parc public. La statue avait été achetée sur les deniers publics, sur décision du maire, érigée et bénie un 15 août, jour de l’Assomption, le tout sur un terrain communal. Un mélange des genres entre Eglise et Etat dont la justice s’est mêlée. Laïcité oblige, cinq ans après, la mairie a fini par obtempérer à la décision du tribunal lui intimant de retirer la statue du domaine public.

J.J.D.

© Photo: La Croix.com


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