Ce 26 février 2017, soeur Céline Ntambwa prononcera ses voeux définitifs chez les soeurs salésiennes de la Visitation. Sœur Marie-Renilde D'Haemer, responsable régionale pour la Région Belgique - France, nous la présente.

Soeur Céline Ntambwa est une jeune sœur Congolaise arrivée en Belgique le 22 février 2016. Elle a 31 ans et elle vient de commencer des études à Bruxelles pour "la gestion de projets". Cette formation est destinée à aider la Région Afrique dans la mise en œuvre de projets de développement pour les populations avec qui nos sœurs travaillent.
Cette présence de Céline, ainsi que d'autres jeunes sœurs congolaises dans nos communautés de Belgique et de France nous ouvre des chemins de solidarités très concrets. Notre charisme est de vivre la "Visitation" avec tous ceux qui croisent nos chemins afin de se révéler ainsi mutuellement les merveilles de Dieu parmi les hommes. Notre mission s'exerce dans des champs d'action très variés : l'éducation, la pastorale, la sante, le social, le développement humain. Nos jeunes sœurs africaines viennent élargir nos horizons. Avec elles, notre diversité prend les couleurs de chaque lieu, de chaque personne et ensemble nous accueillons et partageons l'Amour de Dieu afin que "tout homme ait la Vie et la vie en abondance."
Je me réjouis avec toutes les sœurs salésiennes de la Visitation de célébrer la profession religieuse de Céline en Belgique. Grâce à son engagement chez nous, nous célébrerons aussi un grand moment d'union entre nos deux régions: l'Afrique et l'Europe!
Témoignage de soeur Céline Ntambwa
Comment est-ce que j’ai été touchée par le Seigneur ? Voici en bref, ma vocation, mon histoire.
Je m’appelle Céline, je suis née au Congo, dans une famille catholique, la deuxième de huit enfants. J’ai reçu la foi au sein de ma famille, elle a grandi à l’école de Misay, dans les mouvements catholiques et je l’ai toujours cultivée.
Dans mon adolescence, j’étais choriste et j’ai fait partie du mouvement KA qui signifie « Kizito, Anuarité ». Ce sont des bienheureux du Congo qui ont donné leur vie au Seigneur et sont morts martyr. La responsable de notre groupe, c’était une religieuse. J’ai été touchée par sa simplicité, sa tendresse et la façon dont elle enseignait la vie de ces bienheureux. J’étais fidèle pour suivre les enseignements de cette religieuse. Et un jour, je me suis dit : « Je serai religieuse comme celle-ci afin d’enseigner la vie des saints aux autres personnes. » En 4eme secondaire, j’ai parlé de mon désir d’être religieuse à une des sœurs. Alors, je suis entrée dans le groupe de vocation de ma paroisse pour mieux discerner ma vocation et pour être accompagnée. Je fréquentais de temps en temps la communauté des sœurs et participais aussi à leur prière.
Quand j’ai obtenu mon diplôme d’Etat (diplôme de fin d’humanité), j’ai choisi la vie religieuse apostolique dans la Congrégation des Sœurs Salésiennes de la Visitation. Alors, j’ai rédigé une lettre de demande à la responsable pour entrer dans cette Congrégation. Celle-ci m’a répondu positivement. Ce qui m’avais attiré chez les sœurs de cette Congrégation, c’est la vie de prière, la vie fraternelle et la simplicité de vie. Officiellement, le 27 septembre 2007, j’ai fait mon entrée au noviciat, temps de discernement, temps pour mieux nourrir mon amour pour le Christ et marcher à sa suite. Un temps aussi pour découvrir la Congrégation et le charisme salésien.
Mon cheminement dans la vie religieuse.
C’est en 2009 que j’ai prononcé mes premiers vœux : ainsi je suis devenue religieuse au sein de la Congrégation des sœurs Salésiennes de la Visitation. Mais qu’est-ce qu’un vœu ? C’est un engagement, une promesse faite non aux humains mais à Dieu lui-même. Voici ma manière de lire les vœux aujourd’hui :
Le vœu de pauvreté : Je suis appelée à adapter un style de vie simple, à choisir de mettre tous les biens en commun, au service d’un ensemble.
Le vœu de chasteté : J’essaie d’aimer Jésus, sa Parole et les autres, sans faire de distinction entre les personnes.
Le vœu d’obéissance : je choisis de faire comme Jésus la volonté du Père en toutes circonstances. Pour connaître cette volonté, je la cherche dans le dialogue avec mes responsables et mes consœurs.
J’ai vécu mes premières expériences de vie religieuse au sein d’une communauté dans laquelle j’avais la charge d’être maîtresse de maison. De plus, je m’occupais des courses de nos sœurs qui habitent à l’extérieur de la capitale. Le travail, avec l’aide de ma communauté, m’a aidé à devenir responsable.
A la paroisse, je suis devenue responsable du groupe K.A. (Le groupe dont je vous ai parlé !). J’étais heureuse de rester à côté des jeunes pour les écouter, cheminer avec eux.
Etant religieuse, j’ai découvert progressivement les trois piliers de notre vie religieuse : la vie spirituelle, la vie communautaire et la vie apostolique.
* La vie spirituelle est le fondement et s’exprime dans la prière personnelle (c’est notre relation à Dieu, elle est unique !) et dans la prière communautaire. De façon concrète, nous avons des temps de prière personnelles (oraison, chapelet, lecture spirituelle, …) et le temps de prière communautaire
c’est-à-dire les offices de laudes et de vêpres, l’eucharistie et le partage de la Parole de Dieu.
* La vie communautaire reprend tous les temps que nous partageons ensemble : il y a d’abord les repas, les services communautaires (en vue de la bonne organisation de la communauté), le partage spirituel ou en vue de l’apostolat, les détentes communes.
* La vie apostolique : notre mission se déploie dans l’éducation, la santé et le développement. Cela se vit en étant attentives aux besoins du monde d’aujourd’hui. Par toute ma vie, je suis invitée à rayonner de l’Amour de Dieu, « à révéler le visage de Dieu doux et humble de cœur. »
Ce qui m’interpelle dans la Congrégation, c’est le mystère de la Visitation : Nos Constitutions disent ceci au n° 8 :
« Vivre l’Evangile sous l’éclairage de la Visitation, c’est témoigner d’un amour qui se met au service de la personne avec discrétion, sans s’imposer, respectant la liberté de l’autre, amour que François de Sales voit germer et grandir à travers une profonde humilité envers Dieu, une douceur de cœur envers le prochain, une simplicité de vie. »
Dans ce mystère, se dégage l’Esprit de la Visitation. Les valeurs qui me tiennent à cœur sont :
le partage de proximité, la présence à l’autre, la joie d’être ensemble, de vivre avec l’autre, la joie d’accueillir le plus petit, … En bref, c’est toute une pastorale de l’hospitalité.
Sœur Céline Ntambwa, Salésienne de la Visitation, à Ath, 28 rue aux Gades
Invitation aux Voeux de Sœur Céline Ntambwa