Y a-t-il une liaison intrinsèque entre religion et violence ? C’est l’une des questions abordées par Mgr Harpigny dans ses vœux de Nouvel-An à la société civile.
Ce mardi 10 janvier à Mons et ce mercredi 11 à Tournai, Mgr Harpigny recevait les représentants de la société civile pour la traditionnelle séance de présentation des vœux. Tant à la cure de Ste-Waudru à Mons qu’à l’évêché de Tournai, il a fait le point sur de nombreux domaines de la vie de l’Eglise catholique en Hainaut : processus Refondation, Synode des Jeunes, renouveau de la catéchèse, travail du service diaconie…
Mais c’est de la violence qu’il a le plus parlé. Suite aux événements dramatiques des deux années écoulées, il note que « quelques-uns parlent maintenant de la dimension religieuse de l’islam ».Mais l’islam « serait-il une religion intrinsèquement violente, de sorte que les musulmans pacifiques ne seraient qu’une exception ? »
« Oser parler de la dimension religieuse dans la société soulève la question du rapport entre religion et violence. Depuis le génocide arménien en 1915, le XXème siècle a connu des violences inouïes lors des deux guerres mondiales, de la Shoah, des goulags soviétiques et chinois, du génocide rwandais. L’idéologie sous-jacente était païenne, comme le nazisme, ou athée, comme les mouvances communistes. Les groupes religieux étaient la cible de l’idéologie dominante dont l’objectif était l’élimination de toute forme de résistance. L’islam en a été victime en Albanie, proclamée premier Etat athée au monde, en 1967 ».
« La violence actuelle se drape dans le vêtement de la religion »
« Depuis une cinquantaine d’années, le réveil religieux, qu’il soit chrétien (avec la progression des évangéliques en Amérique latine, en Chine et dans quelques pays arabes) ; qu’il soit musulman, hindou ou bouddhiste, ce réveil religieux prend une dimension politique, la religion étant associée à un groupe politique particulier qui l’utilise comme ciment idéologique. A l’encontre de ce que nous avons connu pendant plusieurs décennies du XXème siècle, la violence actuelle se drape dans le vêtement de la religion ».
« Y a-t-il une liaison intrinsèque entre religion et violence ? D’après la réponse à cette question, des responsables de la société diront qu’il faut rendre la religion inefficace, la maîtriser dans une espace bien limité, avant de la voir s’éteindre. D’autres responsables, qui ont une réponse différente des premiers, diront que les religions ont, dans leurs ressources, le dialogue, l’amour entre les hommes, jusqu’à l’amour des ennemis et que, par conséquent, les religions ont leur place, une mission spécifique, pour le vivre-ensemble.
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L’Eglise doit promouvoir le bien commun de tous
« Il est temps, je pense, que les religions réexaminent ce que l’Eglise catholique appelle la doctrine sociale, c’est-à-dire la recherche de moyens pour atteindre le bien commun pour toute l’humanité. On décrit parfois les religions comme des communautés qui revendiquent de la part de l’Etat, de la société, un financement pour subsister. Certains penseurs catholiques ont justifié cette description. Celle-ci n’est pas juste, correcte, vraie. L’Eglise catholique a pour mission de promouvoir le bien commun de toute l’humanité, et pas seulement la subsistance de ses membres croyants. Je suis persuadé qu’avec cette grille de lecture, il y a moyen de retrouver la signification réelle des religions dans la société »