Le pape François est revenu dimanche soir de son 16e voyage apostolique, le 2e dans le Caucase cette année. Il a posé de nombreux gestes symboliques en Géorgie et Azerbaïdjan.
Première étape en Géorgie: Le pape François a été accueilli vendredi 30 septembre par le président Guiorgui Margvelachvili, les autorités du pays et le Corps diplomatique. La coexistence pacifique des peuples du Caucase a été au cœur du premier discours du pape François: "Il est indispensable d’avoir toujours sous les yeux les souffrances des personnes pour poursuivre avec conviction le chemin, patient et dur mais aussi passionnant et libérateur, de la construction de la paix."
Le pape François s’est ensuite rendu au siège du patriarcat orthodoxe de Tbilissi. Le patriarche s’était lui-même rendu à l’aéroport pour accueillir le pape François dès sa descente d’avion, malgré sa difficulté à se déplacer et à monter des marches, et il l’a accueilli au palais patriarcal en disant: "Pape François, bien-aimé frère en Christ".
Une vraie rencontre
Le lendemain de son arrivée, François a fait une surprise en visitant le centre de saint-Camille (cf ci-contre). Le père Zygmunt Nedzved, l'un des fondateurs du centre d'assistance à Tbilissi, s'en félicitait: "Tous, nous sommes heureux qu’il ne vienne pas seulement pour rencontrer les gens qui ont toutes leurs capacités, mais qu’il vienne aussi rencontrer les personnes handicapées, avec les capacités limitées." Le missionnaire poursuit en espérant que "cette rencontre [soit] une vraie rencontre avec ceux qui aident les nécessiteux et avec ceux qui sont malades, qui portent une lourde croix, qui vivent dans des conditions très difficiles, parce que la plupart des gens ici sont très pauvres".
Le «point culminant» du voyage pontifical en Géorgie a été atteint samedi 1er octobre lorsque le pape s'est rendu à 20 km de capitale actuelle de la Géorgie, à l’ancienne capitale, Mtskhéta. Il a été accueilli dans la cathédrale orthodoxe Svetitskhoveli, siège patriarcal, par le patriarche catholicos de toute la Géorgie, Elie II. L’invitation du patriarche est considérée comme "un grand signe d’ouverture", affirment les observateurs à Rome. En s'appuyant sur l'exemple de la tunique sacrée, sans couture, vénérée en ce lieu, François a rappelé: "malgré nos limites et au-
delà de toutes les différences ultérieures, historiques et culturelles, nous sommes appelés à être 'un dans le Christ Jésus' (Ga 3, 28) et à ne pas mettre au premier plan les désaccords et les divisions entre les baptisés, parce que ce qui nous unit est vraiment plus [important] que ce qui nous divise".
Changeons nos coeurs
La seconde étape de ce voyage apostolique s'est déroulée toute la journée du 2 octobre autour de Bakou, la capitale de l'Azerbaïdjan. Dans ce pays, les catholiques ne représentent qu’une petite poignée – quelques centaines – de la population azerbaïdjanaise à majorité musulmane. "Dieu change le monde en changeant nos cœurs, et cela il ne peut le faire sans nous", a insisté le pape François dans son homélie dominicale.
Dans cette même célébration, le pape a filé la métaphore du tapis pour expliquer comment la vie chrétienne se tisse, entre création et histoire, entre foi et service: "La vie chrétienne (…) est chaque jour patiemment tissée, entrecroisant (…) la trame de la foi et la chaîne du service." François a dénoncé deux tentations contre ce style de vie du chrétien. La première, c’est la tiédeur, la paresse. La seconde, c’est son contraire, l’activisme, l’hyperactivité. Enfin, le pape exhorte à la communion dans l’Eglise.
Avant de rentrer à Rome après trois jours en Géorgie et en Azerbaïdjan, le pape a participé à une rencontre interreligieuse dans la mosquée de Bakou, avec le cheikh des musulmans du Caucase Allahshukur Pashazadeh et des représentants d’autres religions, notamment orthodoxes et juifs. Deuxième pape à fouler le sol azerbaïdjanais après Jean-Paul II en 2002, le pape François a encouragé à "(ouvrir) les portes à l’accueil et à l’intégration, les portes des cœurs de chacun". "Les religions, a-t-il déclaré aussi, ne doivent jamais être instrumentalisées et ne peuvent jamais prêter le flanc à soutenir des conflits et des oppositions".
A-F. de Beaudrap (avec Radio Vatican)
