France : un verdict clément pour le « passeur au grand coeur »


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France : un verdict clément pour le « passeur au grand coeur »
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Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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Le Britannique a été condamné à 1.000 euros d'amende avec sursis par le tribunal pour "mise en danger de la vie d'autrui".

Rob Lawrie comparaissait devant le tribunal de Boulogne-sur-Mer pour avoir tenté de faire passer clandestinement en Angleterre, mais avec l'accord de son père, une petite Afghane âgée de 4 ans, Bahar Ahmadi, qui vivait dans la "jungle" de Calais. Il avait été arrêté le 25 octobre 2015 par la police aux frontières françaises avec la petite Bahar à bord de son véhicule. Il était poursuivi pour "aide au séjour irrégulier", passible de cinq ans de prison et de 30.000 euros d'amende. Il s'en sort avec une simple amende avec sursis pour des faits qui ont finalement été requalifiés par le juge de "mise en danger de la vie d'autrui". Mais pour les deux cent mille personnes qui le soutenaient, et qui avaient lancé un appel à la clémence, il s'agissait d'un "délit de solidarité". Son histoire avait de quoi émouvoir tout un chacun. Bouleversé par le cliché du petit Ayla, cet enfant syrien retrouvé mort sur une plage turque, Rob Lawrie avait plaqué son job pour venir en aide aux migrants de Calais. Ce père de 4 enfants se rendait souvent dans le bidonville où vivait le papa de la petite fille. Il construisait des abris de bois et de bâches avec les exilés, collectait des fonds via internet pour acheter de la nourriture et des vêtements. Une empathie dévorante dans laquelle ce passeur au grand coeur va se brûler: sa femme le quitte et en novembre dernier, il tente de se suicider.

"Je ne pouvais pas la laisser là. Je suis désolé."

Mais c'est finalement sous les applaudissements de la salle et les yeux plein de larmes que l'ancien soldat britannique a reçu le jugement. Au tribunal, dans une salle pleine à craquer de soutiens et de militants, l'homme a déclaré: «Je sais, c’était irrationnel, stupide. J’étais émotionnellement épuisé. La nuit était froide. On était autour du feu, et elle s’est endormie sur mes genoux. Son père m’avait demandé à plusieurs reprises de l’emmener rejoindre sa famille à Leeds, à 3 ou 4 miles de chez moi. Je ne pouvais pas la laisser là. Je suis désolé.»
"Ce n'est pas parce qu'on veut aider une enfant qu'on peut mettre sa vie en danger", a déclaré le procureur, en rappelant que la petite n'avait pas de ceinture lors du trajet en voiture avec l'homme anglais.
Dans la salle d’audience, au second rang, la petite Bahar était présente avec son papa, elle jouait sur une tablette, blottie entre son père et une bénévole britannique.
Heureux du jugement, Rob Lawrie a enlacé ses proches et s'est exclamé: "La France est un pays humain!"

N.C.

Catégorie : International

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