Colombie : un accord entre Farc et gouvernement ravive l’espoir


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Colombie : un accord entre Farc et gouvernement ravive l’espoir
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

colombian-flag-674724_640Ce dimanche 12 juillet, le gouvernement colombien et la guérilla des Farc se sont entendus sur un accord de "désescalade" du conflit. Pour la première fois depuis le début des pourparlers de paix (fin 2012), il est question d'un accord sur la réduction des opérations de l'armée.

S'adressant dimanche 12 juillet à la nation, le président colombien Juan Manuel Santos s'est félicité de l'accord annoncé à La Havane de Cuba. Le président colombien est toutefois resté vigilant en prévenant que l'attitude des Farc ces prochains mois conditionnerait la poursuite du dialogue de paix de La Havane. "Dans quatre mois à partir de maintenant, en fonction du respect de l'accord par les Farc, je prendrai la décision de dire si nous continuons le processus ou non", a fermement déclaré le président Santos.

L'accord conclu hier à La Havane prévoit "un processus de désescalade des actions militaires" de l’armée colombienne à partir du 20 juillet et ce jusqu’en novembre. Cette décision est une réponse à l'annonce de la guérilla colombienne du 9 juillet qui prévoit une "suspension des actions offensives des Farc". Les négociateurs se sont également entendus pour demander l'aide de l'ONU et de l'Unasur, l'Union des nations sud-américaines, pour que ces derniers veillent à surveiller et vérifier le respect effectif de cette désescalade.

Vers un accord de paix final?

Ce processus, qui vise à donner un nouvel élan aux discussions de paix dans un contexte de recrudescence du conflit, prévoit à terme un cessez-le-feu de l’armée. Cette option a longtemps été rejetée par le président Santos, craignant que la rébellion ne la mette à profit pour se renforcer.

Des deux côtés, il y a une volonté de tout mettre en œuvre "pour parvenir sans tarder à la signature d'un accord (de paix) final", selon un communiqué des délégations des deux parties lu à La Havane et repris par l'AFP.

Selon Ivan Marquez, le numéro deux des Farc et chef des négociateurs de la rébellion, il s'agit d'un "élan vigoureux, prometteur et plein d'espoir" pour le processus de paix. Quant à Humberto de la Calle, son homologue du gouvernement colombien, il a indiqué que l'accord visait "à renforcer la confiance des Colombiens" dans le processus de paix. Sur un ton protecteur, il a également assuré qu'une réduction des opérations du gouvernement ne rimait pas avec un abandon de la protection de la population colombienne.

Le défi du maintien de la paix

Ce dimanche en Colombie, les archevêques colombiens de Cali et de Medellin ainsi que les évêques des Diocèses de Quibdo, Tumaco, Tibu et Santa Marta ont confié à la presse être "confiants" et avoir "l’espoir que les colloques de paix puissent parvenir au plus tôt à un accord définitif".

Dans une note dont le contenu a été rendu public par l'agence Fides, l'évêque de Tibu (Nord-Est de la Colombie) estime que le véritable défi pour le gouvernement sera de savoir gérer la paix. Son territoire, décrit-il, est non seulement contrôlé par les FARC mais enregistre également la présence de l’Armée de libération nationale (autre groupe rebelle) et autres bandes. "La situation est désolante", a-t-il commenté. Dans cette même note, plusieurs évêques colombiens ont présenté les préoccupations principales des personnes de leur diocèse. Au sein du Diocèse de Santa Marta, par exemple, le problème le plus grave est le manque d’eau potable. Par ailleurs, à Cali, le système des appels d’offres pour les œuvres publiques semble être géré par les trafiquants de drogue alors que Medellin est sous l'emprise des bandes et de la criminalité organisée.

S.T. (d'après AFP et Fides)

Catégorie : International

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