Grand-Duché de Luxembourg : mémorandum commun pour des cours des religions dans les écoles publiques


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Grand-Duché de Luxembourg : mémorandum commun pour des cours des religions dans les écoles publiques
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

dsc05909_800px-001-ba31bLe site de la Conférence des évêques du Luxembourg a publié un mémorandum commun en faveur de l’introduction d’un cours des religions dans les écoles publiques. Il est signé par huit communautés religieuses établies au Grand-Duché qui parlent d’opportunité pour la société.

Alors que l’on sait que le gouvernement grand-ducal de Xavier Bettel a la religion dans son collimateur - On lui prête l’intention de diminuer, voire de supprimer, les cours de religion dans le milieux scolaire - le document signé notamment par les évêques luxembourgeois a d’autant plus de poids qu’il a été cosigné par les responsables des communautés juive, anglicane, catholique, orthodoxe, protestante, réformée, néo apostolique et musulmane du Grand-Duché.

Selon les signataires, la diversité culturelle et religieuse de la société luxembourgeoise exige que les personnes apprennent à se connaître. L’école publique doit y contribuer pour favoriser la cohésion sociale.

Une proposition d’envergure

Pour les signataires, les religions marquent profondément la vie des croyants et ne peuvent donc pas être négligées. « Le cours des religions devrait développer la compréhension des croyances, textes, traditions, symboles, rites, fêtés et lieux de culte. Les élèves devraient être initiés au dialogue, confrontés aux dérives des religions et amenés à chercher les valeurs communes et à s’inspirer des grandes figures de chaque tradition. Les auteurs du mémorandum estiment enfin qu’il faudrait laisser aux parents la liberté d’inscrire ou non leurs enfants au cours des religions ou à un cours de formation morale et sociale », précise le document.

Cette proposition est d’envergure puisqu’elle provient des grandes et moins grandes communautés religieuses – en terme de membres – que sont le Culte israélite, l’Église anglicane, l’Église catholique, l’Église orthodoxe, l’Église protestante, l’Église protestante réformée, l’Église néo-apostolique et la Shoura musulmane.

Le Luxembourg est traditionnellement un pays catholique, le christianisme fait partie de ses racines depuis des siècles. Cependant le paysage social et religieux a beaucoup évolué. D’autres religions sont aujourd’hui présentes sur le territoire dans des proportions diverses. « L’initiative d’assumer un cours des religions ne répond pas à un besoin de financement, de prise de pouvoir ou d’influence. Elle veut être une réponse adaptée aux besoins de notre société », a rappelé Mgr Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg.

« Car les conflits religieux – ou sous prétexte religieux – enflamment de nombreuses régions du monde et il est indispensable que les enfants et les jeunes en aient une meilleure connaissance pour lutter contre les idées toutes faites et les préjugés qui circulent sur le sujet. Le cours des religions devrait ainsi être donné par des représentants des religions eux-mêmes, puisqu’ils sont les experts sur ces questions et garantissent la véracité des messages », indique le mémorandum. Cette initiative ne vise en aucun cas une transmission des différentes Fois, qui sera prise en charge au sein des différentes communautés. Ainsi, la catéchèse sera développée dans les paroisses. Le but est plutôt de transmettre aux enfants et aux jeunes des connaissances sur les religions (qu’est-ce que les religions, leurs histoires, les besoins auxquelles elles répondent,…), de proposer des réponses à leurs questions et surtout de développer une attitude critique chez ces jeunes. Le cours sur les valeurs devrait continuer à exister parallèlement à ce cours des religions.

J.J.D.

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