Chanteurs et dessinateurs engagés dans la lutte contre le virus Ebola


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Chanteurs et dessinateurs engagés dans la lutte contre le virus Ebola
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

ebola

Face à l'épidémie meurtrière d'Ebola, des chanteurs et des dessinateurs africains n’hésitent pas à user de leur talent pour participer aux efforts de sensibilisation, maillon essentiel de la lutte contre le virus.

"Ebola est là" est une parodie du tube "Umbrella" de la célèbre Rihanna et du rappeur américain Jay-Z. Après la découverte du premier cas d’Ebola au Sénégal, en août dernier, le rappeur sénégalais Xuman a interprété cette parodie pour rappeler au grand public que le virus n’a pas de frontières. "La maladie était chez nos voisins, libériens ou guinéens. On croyait que c'était au loin, qu'on n'avait pas à s'inquiéter, mais (...) même si la frontière a été fermée, malgré tout ça elle est quand même arrivée", prévient-il dans son clip.

A côté de Xuman, de nombreux artistes ont dessiné, caricaturé ou composé des morceaux parfois très rythmés, rappelant les principaux symptômes de la maladie infectieuse et ses modes de transmission. "Lave-toi toujours les mains avec du savon et de l'eau", martèle le Nigérien John Allu, dans "Stop Ebola Virus Campaign Song". Certains morceaux traitant du virus ont déjà récolté plus de 15.000 vues sur le site de partage de vidéos YouTube.

Même si tu aimes la viande de brousse, n'en mange pas

Le Libérien Samuel "Shadow" Morgan appelle pour sa part à bouder la viande de brousse, considérée comme un possible vecteur de la maladie. "Si tu aimes le singe", "le babouin" ou "la chauve-souris", "n'en mange pas la viande", exhorte-t-il avec les artistes D-12 & Kuzzy of 2 kings dans "Ebola in town" (Ebola dans la ville).

C’est la comparaison récurrente entre Ebola et le sida qui a sans doute poussé Damien Glez, grand dessinateur franco-burkinabè, à crayonner un Africain faisant grise mine et mis en quarantaine sous un préservatif géant à cause d'Ebola.

La Côte d'Ivoire est pour l'heure épargnée mais le journaliste Israël Yoroba a écrit "Stop Ebola", où il souligne l'importance de se faire dépister et d'alerter les autorités au moindre cas suspect. Son morceau reggae rencontre en ce moment un franc succès et passe à la radio. Un opérateur téléphonique l'a même choisi comme sonnerie d'attente de ses abonnés.

Des effets difficiles à mesurer

L'un des grands enjeux de la prévention, artistique ou non, est de rappeler qu'Ebola est "réel", résume l'ex-footballeur libérien George Weah, dans sa chanson "We must all arise to fight Ebola" (Tous debout contre Ebola).

Dans un dessin du Congolais Kash, Ebola est l'ennemi numéro un: "Abattez-le à vue!", ordonne un homme armé en combinaison, bottes et masque à gaz dans une rue de Boende, le district du Nord-Ouest du pays où l'épidémie a, officiellement, fait une quarantaine de morts depuis le mois d'août.

Les effets de cette sensibilisation restent cependant difficiles à mesurer: chanteurs et dessinateurs utilisent majoritairement le français ou l'anglais, dont l'usage est pourtant moins répandu en zone rurale que dans les villes. Parmi les exceptions notables, le très engagé collectif sénégalais "Y'en a marre" chante en wolof, la langue la plus parlée au Sénégal.

La fièvre hémorragique a tué plus de 3.000 personnes depuis le début de l'année.

ST/AFP

Catégorie : International

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