Ce mardi, la capitale britannique accueille un sommet inédit sur l’arme de guerre que représente le viol.
William Hague, le chef de la diplomatie britannique et Angelina Jolie (photo), l’ambassadrice de bonne volonté du Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés, présideront ce sommet sans précédent contre les violences sexuelles qui s’ouvre ce 10 juin à Londres jusque vendredi. Pas moins de cent pays ont répondu positivement à l’invitation en envoyant sur place leur délégation constituée de représentants du gouvernement, mais aussi de membres d’ONG, de religieux, d’experts, etc. Parmi les personnalités, le secrétaire d’Etat américain fera son apparition vendredi. Plus tôt cette année, John Kerry avait décidé de faire de la lutte contre le viol "un combat personnel". Pas plus tard que lundi 9 juin, dans le quotidien London Evening Standard, le ministre américain avait encore une fois dénoncé l'injustice de cet acte barbare. "Trop d'endroits que j'ai visités en tant que secrétaire d'Etat portent encore les cicatrices d'un temps où le viol a été utilisé comme une tactique d'oppression et d'intimidation. Les violences sexuelles pendant les conflits constituent l'une des injustices les plus persistantes et les plus négligées à ce jour", a-t-il déploré.
Au cours du sommet, l’enlèvement des 200 lycéennes nigériennes par le groupe islamiste Boko Haram sera également abordé. Le chef de la diplomatie nigérienne, Mohamed Bazoum se rendra à Londres jeudi pour discuter avec des représentants du Bénin, du Tchad, du Cameroun et du Niger des moyens de vaincre les militants du groupe extrémiste.
Sensibiliser l'opinion publique
A côté des pourparlers officiels, le sommet invite également le public à participer à la prise de conscience de l’usage de cette arme de guerre. A travers divers ateliers, séances de cinéma muet, d'expositions et conférences, chacun est invité à se sensibiliser à ce mal dont on ne parle que trop peu car dissimulé sous l’horreur de la guerre. Le viol est "un crime pur et simple" qui doit être puni. L’objectif de ces quatre jours de sommet est de "créer un élan irréversible" dont l’intensité pourra être suffisamment forte pour engager "des actions concrètes sur le terrain."
La tenue de ce sommet avait été annoncé en février dernier par le ministre britannique William Hague. C’est le film "Au pays du sang et du miel" réalisé par Angelina Jolie sur la guerre en Bosnie qui l’avait inspirée. Plus de 20.000 femmes ont été violées entre avril 1992 et décembre 1995, période pendant laquelle furent signés les accords de Dayton qui mirent fin à la guerre.
En mars, William Hague et Angelina Jolie s’étaient rendus ensemble en Bosnie pour y rencontrer de nombreuses femmes victimes de viol. "Un des crimes les plus atroces et les plus sauvages" qui puissent exister, s’était indignée l’actrice et réalisatrice.
S.T. (avec La Libre)

