A 16 ans, Malala est devenue un symbole au Pakistan: celui de la lutte pour l'éducation des filles face à l'obscurantisme. Un combat qu'elle a failli payer de sa vie, il y a tout juste un an, mais qui lui vaudra peut-être de recevoir le prix Nobel de la paix, ce vendredi 11 octobre.
Malala Yousafzai s'est fait connaître en 2009 en tenant sur le site de la BBC son journal indigné d'une fille privée d'école, dénonçant les exactions des talibans dans la région pakistanaise de Swat. Ces derniers, en représailles à cet engagement, ont attaqué son car scolaire, le 9 octobre 2012, et lui ont tiré plusieurs balles à bout portant, dont une en pleine tête, sans toutefois parvenir à la tuer. Transférée au Royaume-Uni, la jeune fille a été opérée avec succès à Birmingham, où elle réside à présent et où elle est scolarisée depuis mars.
Une semaine riche en émotions
Loin de l'avoir effrayée, les balles des talibans l'ont plutôt galvanisée. Malgré les menaces qui pèsent toujours sur elle, la jeune pakistanaise continue effectivement à militer pour le droit des femmes à l'éducation au Pakistan. Elle y a même créé une fondation pour l'éducation et vient d'écrire un livre, intitulé "Moi, Malala, je lutte pour l'éducation et je résiste aux talibans", qui paraît ce 8 octobre aux éditions Calmann-Lévy.
Devenue un symbole international de la lutte contre l'extrémisme religieux et l'obscurantisme, elle cumule, depuis 2011, prix et distinctions internationales. En septembre dernier, elle a notamment reçu le Prix de l'Ambassadeur de la Conscience 2013 d'Amnesty International et a été récompensée à l'Université d'Harvard pour son combat pour le droit des femmes à l'éducation. Cette semaine sera toutefois particulièrement riche en émotions pour la jeune pakistanaise, puisqu'elle est en lice pour le prix Sakharov du Parlement européen et le prix Nobel de la paix, pour lequel elle fait figure de favorite aux côtés d'un médecin congolais, le Dr Mukwege. Deux prix qui seront remis cette semaine, soit un an, jour pour jour, après son attentat.
Une maturité incroyable
Malala garde toutefois la tête froide. "Si je gagne le prix Nobel de la paix, ce serait une opportunité extraordinaire pour moi, mais si je ne l'ai pas, ce n'est pas important", a-t-elle expliqué. "Mon but, ce n'est pas d'avoir le Nobel, mais d'obtenir la paix et de voir chaque enfant recevoir une éducation. Je veux être une femme politique plus tard. Je veux changer l'avenir de mon pays et rendre l'éducation obligatoire." Surprenante de maturité pour son âge, elle ajoute: "Le dialogue est le meilleur moyen de régler les problèmes et de combattre la guerre. Et la meilleure manière de lutter contre le terrorisme et l'extrémisme est, à mon avis, très simple: instruire la prochaine génération."
Pascal ANDRE
