L'ancienne église du Gesù, à Saint-Josse, fait de nouveau parler d'elle. Son propriétaire, le groupe Rosebud, vient de déposer une nouvelle demande de permis d'urbanisme, mais les autorités communales le soupçonnent de faire de la spéculation immobilière. En attendant, le bâtiment est toujours occupé par quelque 200 sans-abris.
L'occupation de l'église du Gesù, à Saint-Josse (Bruxelles), devient de plus en plus problématique. En effet, 200 personnes précarisées, dont 80 enfants, ont investi les lieux depuis 2009. Mais aujourd'hui, les conditions de vie se sont dégradées. Violence, trafic de drogue, hygiène déplorable… Le projet de départ, un habitat collectif et solidaire pour personnes sans-abris, n'est plus qu'un lointain souvenir. L'Union des Locataires Marolienne, qui encadre le projet depuis le début, tire donc aujourd'hui la sonnette d'alarme et en appelle aux pouvoirs publics.
La situation est d'autant plus difficile à gérer que le propriétaire de l'ex-couvent jésuite de la rue Royale, le groupe Rosebud, vient d'introduire une nouvelle demande de permis d'urbanisme. La troisième en près de dix ans. Aujourd'hui, il s'agit de réhabiliter le bâtiment en un hôtel de luxe, comptant 75 chambres et 77 appartements.
Spéculation immobilière?
Les autorités communales de Saint-Josse ne croient toutefois pas que le patron de la société immobilière, le Suisse d'origine belge Pierre Buyssens, soit vraiment intéressé par l'exploitation d'un hôtel. Elles le soupçonnent plutôt de faire de la spéculation immobilière. D'après Frédéric Roekens, conseiller communal, "ces investisseurs n'ont jamais eu l'intention de faire quoi que ce soit. Ils veulent juste rendre leur bien plus attractif avec un permis d'urbanisme." Sauf qu'en cette période de crise, nul n'entend acquérir ces chambres. Emir Kir, le bourgmestre de Saint-Josse, menace donc de ne plus soutenir le projet et d'exproprier le groupe Rosebud, si rien n'est fait très rapidement. "Je ne permettrai pas l’exploitation de la misère humaine visant à ne pas payer la taxe sur les immeubles abandonnés", a-t-il déclaré.
P. A.
