Le gouvernement pakistanais a identifié les exécutants et les commanditaires de l’assassinat de Benazir Bhutto, ancien premier ministre mort en 2007, a annoncé le 26 mars 2011, le ministre de l’Intérieur, Rehman Malik. Satisfaite de cette nouvelle, la communauté chrétienne, par l’intermédiaire de Paul Bhatti, nouveau "conseiller spécial" pour les Minorités religieuses, a profité de l'occasion pour demander aux autorités de ne pas laisser impunis les meurtriers du ministre Shahbaz Bhatti.
Le ministre de l’Intérieur pakistanais Rehman Malik a promis au nouveau "conseiller spécial" pour les minorités religieuses Paul Bhatti, que tout sera mis en œuvre pour retrouver les assassins de son frère Shahabaz, mort le 2 mars dernier. "L’enquête se concentrera sur le radicalisme islamique", lui a-t-il notamment déclaré. Le 25 mars, le nouveau "conseiller spécial" a également rencontré le ministre chargé de l’Information et des Télécommunications, Firdous Ashiq Awan. Il lui a promis un soutien du gouvernement à sa mission visant à protéger les minorités, à sauvegarder leurs droits et à promouvoir l’harmonie sociale dans le pays.
Catholique, Paul Bhatti a effectivement accepté sa nomination au sein de l’exécutif fédéral afin de "donner de nouveaux espoirs aux minorités religieuses au Pakistan". A ce titre, il s’apprête à rencontrer les responsables des communautés minoritaires, dans toutes les provinces pakistanaises. "Même si le phénomène du fanatisme est répandu et qu’il faudra du temps pour le vaincre, nous sommes prêts à travailler pour conserver la mémoire de Shahbaz et promouvoir l’unité et l’harmonie interreligieuse pour le bien du pays", a-t-il affirmé.
Une situation politique incertaine
Certains chrétiens émettent toutefois des doutes quant à un réel changement. "Pris par des problèmes de corruption, le gouvernement est très faible et traverse une phase très difficile. Les droits et les conditions des minorités religieuses ne constituent pas une priorité pour l’exécutif et encore moins la question de la loi sur le blasphème", a notamment déclaré à Fides le Père Mario Rodriguez, prêtre de Karachi et directeur des Œuvres pontificales missionnaires au Pakistan. "Pour être réalistes, il ne faut pas s’attendre à de grands changements, vu le caractère incertain de la situation politique actuelle", a encore noté le prêtre. Les membres du réseau "Citoyens pour la démocratie" demandent pour leur part à ce que la nomination de Paul Bhatti ne soit pas seulement une nomination de façade, mais que le gouvernement l'appuie réellement "en matière de défense des droits et de promotion économique et sociale des minorités religieuses".
Une lettre pastorale des évêques
De son côté, la Conférence épiscopale du Pakistan, réunie en assemblée plénière du 20 au 25 mars à Multan, a décidé de demander officiellement au Saint-Siège de proclamer Shahbaz Bhatti, "martyr et patron de la liberté religieuse". Constatant la situation difficile des chrétiens dans le pays, elle a également élaboré une lettre pastorale qui sera lue et diffusée dans toutes les églises, le 3 avril prochain. Selon Fides, ce texte encourage les chrétiens à "maintenir vive la flamme de l’espérance", malgré les souffrances, les peurs et les difficultés du temps présent. Les évêques invitent également les fidèles à s’inspirer des premières communautés chrétiennes afin d’en "retirer l’esprit et de renforcer leur foi pour avoir la force et l’espérance qui viennent de l’Esprit Saint". (CtB/Apic/Fides/PA)
