Le corps du père Daoud Boutros, qui résidait à Shotb près d'Assiout, a été retrouvé égorgé par la police, dans son appartement, trois jours après les faits. On ignore encore s'il s'agit d'un crime crapuleux ou d'un crime religieux.
"Le curé a été tué par 22 coups de couteau et a été décapité", a expliqué l'évêque d'Assiout, Mgr Kyrillos William. "Le corps a été découvert trois jours après le meurtre parce que la fille du prêtre, qui vit à Hourgada, ne réussissant pas à se mettre en contact avec son père, avait demandé à l’un de ses parents de se rendre dans son appartement." Comme celui-ci semblait avoir été cambriolé (le coffre-fort a été vandalisé), la police a directement pensé à un crime crapuleux, mais l'évêque se demande si le père Daoud Boutros n'a pas été tué pour des raisons religieuses. Des témoins affirment avoir vu des hommes cagoulés sortir de l'appartement en criant "Dieu est grand".
Pour comprendre cette affaire, il semble qu'il faille remonter deux ans en arrière. À cette époque, "un fidèle copte orthodoxe aurait commis un acte sacrilège contre l'islam, suscitant la colère des musulmans", a expliqué Mgr William à l'agence Fides. "Cette personne aurait ensuite déclaré que c'était son curé, le père Boutros Daoud, qui l'avait poussé à commettre cet acte. Depuis lors, la tension a toujours existé entre les communautés copte et musulmane."
"J’ai envoyé neuf prêtres et religieux afin de porter les condoléances à la famille et à la communauté du curé assassiné", a également ajouté l'évêque. "Ils m’ont dit qu’au cours des obsèques du curé, il y a eu des moments de tensions. Quelques jeunes ont agressé le gouverneur qui était allé présenter ses condoléances. Le gouverneur est une très bonne personne qui a toujours cherché à avoir de bons rapports avec les chrétiens. Un musulman aurait lui aussi été frappé." (Fides/PA)

