Un archevêque anti-François jugé pour “délit de schisme” : «Je considère les accusations portées contre moi comme un motif d’honneur»


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Un archevêque anti-François jugé pour “délit de schisme” : «Je considère les accusations portées contre moi comme un motif d’honneur»
Devenu célèbre en 2018 par sa dénonciation publique contre le pape François, l’accusant d’avoir couvert un cardinal auteur de multiples abus sexuels, Mgr Carlo Maria Vigano a progressivement élargi l’horizon de ses critiques à l’ensemble du pontificat de François, jusqu’au rejet du concile Vatican II. | capture d’écran YouTube
Par La rédaction
Publié le
3 min

Mgr Carlo Maria Viganò, ancien nonce apostolique aux États-Unis a publié l’annonce de son procès pour schisme, sur son compte X, ex-Twitter. Il se dit «honoré» des accusations dont il fait l’objet et dénonce une gestion du pouvoir «absolument tyrannique» du pape.

En janvier dernier, nous apprenions que l'archevêque italien, ancien nonce apostolique, rompait avec l’Eglise catholique romaine. Ce farouche opposant au pape François avait à l'époque été reconsacré évêque par le sulfureux Mgr Williamson, religieux britannique maintes fois excommunié et également condamné pour négationnisme. Par ce geste, Mgr Viganò risquait à son tour l'excommunication "latae sententiae" (sans qu’un jugement ne soit nécessaire).

En doutant ouvertement de la validité des ordres conférés au sein de l’Église catholique, cet archevêque ultraconservateur se rapprochait encore un peu plus de sédévacantisme, un courant qui considère que le pape régnant n’est pas légitime.

Hier, Mgr Viganò a refait parler de lui sur la plateforme X.

Un procès pénal extrajudiciaire pour "délit de schisme"

Sur son compte X, Mgr Carlo Maria Viganò a annoncé être convoqué devant la justice du Vatican pour répondre d'accusations de scission avec le souverain pontife et de rejet du concile Vatican II.

Il était appelé à comparaitre ce jeudi à 15h30 au Palais du Saint-Office pour «prendre connaissance des accusations et des preuves concernant le délit de schisme dont il est accusé (affirmations publiques d’où émerge une négation des éléments nécessaires au maintien de la communion avec l'Église catholique: déni de la légitimité du Pape François, rupture de la communion avec lui et rejet du Concile Vatican II)».

En cas de non-comparution ou de non-présentation d'une défense écrite avant le 28 juin, précise le document publié dans X, l'archevêque «sera jugé en son absence».

Accusé de ne pas reconnaître la légitimité du Pape

En septembre 2018, Mgr Carlo Maria Viganò avait été le protagoniste de la lettre retentissante sur le cas du cardinal américain Theodore McCarrick, qui se terminait par une demande adressée au Pape afin qu’il démissionne. Cette affaire, qui a été entièrement clarifiée par le Saint-Siège avec la publication d'un rapport méticuleux en novembre 2020 qui réfute l'ancien nonce sur toute la ligne, n'est pas l'objet du document publié dans le compte X. Mgr Viganò est accusé, selon son récit, de ne pas reconnaître la légitimité du Souverain pontife ni celle du dernier Concile.

Le dicastère pour la Doctrine de la Foi n'a fait aucun commentaire sur l'annonce publiée sur les médias sociaux.

«Je considère les accusations portées contre moi comme un motif d’honneur», peut-on lire en revanche sur le profil de Mgr Viganò, sur X. Un commentaire est en effet publié avec l’annonce du procès, il y est encore écrit que «le Concile représente le cancer idéologique, théologique, moral et liturgique dont l’“Église synodale” bergoglienne est la nécessaire métastase».

La réaction du Secrétaire d'État

Le cardinal secrétaire d'État, Pietro Parolin, a commenté l'affaire: «Mgr Viganò a eu des attitudes et des gestes dont il doit répondre», a déclaré le cardinal, en marge d'une conférence à l'Université pontificale Urbanienne, expliquant que l'ancien nonce aura «l'occasion de se défendre».

Sur un plan plus personnel, le cardinal a évoqué les années et temps de travail partagés avec Mgr Viganò : «Je suis très désolé parce que je l'ai toujours apprécié comme un grand travailleur, très fidèle au Saint-Siège et qui, d'une certaine manière, était aussi un exemple. Lorsqu'il était nonce apostolique, il travaillait bien. Je ne sais pas ce qui s'est passé» - a conclu le secrétaire d'État.

C.L. avec Vatican News


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