Retrouvez le commentaire de l’évangile du 6e dimanche de Pâques B par l’abbé Pascal Roger : “Vivre d’amour”


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Retrouvez le commentaire de l’évangile du 6e dimanche de Pâques B par l’abbé Pascal Roger : “Vivre d’amour”
Henri Matisse, La Danse (1909-1910)
Par Pascal ROGER
Publié le
3 min

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » [Jn 15, 9-17] Dans l'Evangile du jour, Jésus ressuscité nous ouvre son cœur. Voici le commentaire qu'en fait l'abbé Pascal Roger, doyen d'Arlon.

Parmi les mots qui ont fait couler le plus d’encre, nous pouvons, sans nul doute, retrouver le substantif amourou le verbe aimer. Mais, si la langue française se caractérise par un vocabulaire très riche permettant les nuances, en termes d’amour, elle se montre fort dépourvue. En effet, aimer peut tout autant qualifier l’appréciation d’un paysage, d’une discipline sportive, d’une œuvre d’art que d’un mets gourmand. Dans le cadre des relations humaines, il recouvre des réalités très diverses: la reconnaissance de compétences comme celle d’un professeur ou d’un collègue, les relations pacifiques et constructives dans un quartier ou une association, l’amitié vraie, l’affection profonde et, bien entendu, la relation amoureuse. Devant ce paysage aux horizons multiples offert par le langage courant, nous pouvons être troublés par ce que nous propose l’Evangile. En effet, ne fait-il pas de l’amour l’objet d’un commandement, d’un précepte, d’une loi?

Dans la culture hébraïque, qui est celle de Jésus et de ses interlocuteurs, aimer signifie bien moins un sentiment qu’un engagement fait de loyauté, de bonté et de fidélité. Dans ces propos présentés par l’auteur du quatrième évangile comme prononcés dans le discours après la Cène et, plus particulièrement encore après le lavement des pieds, Jésus nous indique la source de cet amour. "Comme le Père m’a aimé, moi aussi, je vous ai aimés." Le mouvement - "la manière d’être" - dans lequel Jésus nous engage, prend sa source en Dieu et se traduit dans un comportement qui est comparable à celui du Père lui-même dont la fidélité à son peuple est sans faille et la bonté sans mesure.

Les contemporains du maître de Galilée ont expérimenté cet amour dans la proximité de Jésus. Son hospitalité inconditionnelle à l’égard de ceux qu’il rencontrait, manifestait clairement que l’amour de l’autre n’est pas d’abord une question de bons sentiments. Aimer comme le Père, tel que Jésus nous le révèle, devient un engagement radical, un investissement au service de l’édification de ce qu’il appelle le Royaume. Il s’agit d’œuvrer à une qualité de relations humaines qui permet la confiance réciproque, qui donne ses chances à la fidélité, qui fait place à la gratuité et qui, par le pardon, ouvre sans cesse le champ des possibles.

"Celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu", dit saint Jean. Le chemin privilégié pour entrer dans l’intimité de Dieu n’est autre que l’amour de celui duquel je suis invité à me faire le prochain. Il ne s’agit pas là d’abord de paroles et de discours mais bien d’un agir au quotidien; cet amour-là s’expérimente. Didier Decoin intitulait son livre rapportant son expérience spirituelle bouleversante: "Il fait Dieu" comme on dit "il fait jour". Avec l’amour évangélique, "il fait Dieu" tous les jours.

Abbé Pascal ROGER

Catégorie : Sens et foi

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